Un comité de l'ONU critique l'échec des Etats-Unis à condamner la violence et le racisme des suprématistes blancs

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Drapeau des Nations Unies /John Isaac

Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a appelé mercredi le gouvernement fédéral américain, ainsi que les responsables politiques et les fonctionnaires de haut rang, « à rejeter et à condamner sans équivoque et sans réserve » les discours et crimes haineux racistes à Charlottesville, dans l’Etat de Virginie, et dans l’ensemble des Etats-Unis.

Dans une décision rendue dans le cadre de sa procédure dite ‘d’alerte précoce et d’action urgente’, le Comité – qui surveille la mise en œuvre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale – a déclaré : « il ne devrait pas y avoir de place dans le monde pour les idéologies racistes de la suprématie blanche ou des idéologies similaires qui rejettent les principes fondamentaux des droits de l’homme en matière de dignité humaine et d’égalité ».

« Nous sommes alarmés par les manifestations racistes, avec des slogans, des chants et des saluts ouvertement racistes par les nationalistes blancs, les néo-nazis et le Ku Klux Klan, faisant la promotion de la suprématie blanche et incitant à la discrimination raciale et à la haine », a déclaré la Présidente du CERD, Anastasia Crickley, dans un communiqué.

Outre l’enquête criminelle sur l’individu qui a foncé avec sa voiture dans une foule de manifestants pacifiques le 12 août à Charlottesville, tuant Heather Heyer, les experts de l’ONU ont demandé aux autorités américaines d’adopter des mesures concrètes « pour remédier aux causes profondes de la prolifération de ces manifestations racistes ».

« Nous appelons le gouvernement des États-Unis à étudier en profondeur le phénomène de la discrimination raciale visant, en particulier, les personnes d’ascendance africaine, les minorités ethniques ou ethno-religieuses et les migrants », a ajouté Mme Crickley.

Dans le cadre de sa procédure d’alerte précoce, le CERD a également demandé aux États-Unis de veiller à ce que les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique ne soient pas exercés dans le but de détruire ou de nier les droits et libertés d’autrui.

Le Comité a également demandé au gouvernement américain de fournir les garanties nécessaires pour que ces droits ne soient pas mal utilisés pour promouvoir les discours de haine racistes et les crimes racistes.

(Mise en perspective par Pascal Sim)

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16/10/2017
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