Syrie : l'ONU préoccupée par le sort des civils de Raqqa

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Le Conseiller de l'Envoyé spécial pour la Syrie, Jan Egeland. Photo ONU/Luca Solari (archives)

Plus de 540.000 Syriens vivent toujours dans onze villes assiégées. A l'issue d'une réunion ce jeudi à Genève du Groupe de travail sur l'accès humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie, le Conseiller spécial de l'Envoyé spécial de l'ONU a rappelé que la majorité de ces personnes assiégées vivent dans les huit localités encerclées par les forces gouvernementales. Selon Jan Egeland, les autres localités coupées de l'aide humanitaire sont Fouah, Kefraya et Idlib qui sont assiégées par le  Fatah al-Cham (ex Front Al Nosra). Les organismes humanitaires contournent pour le moment le blocus dans le gouvernorat de Deir Ez-Zor contrôlé par l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL/Daech), avec des largages aériens de l'aide humanitaire.  Mais l'ONU a surtout plaidé pour une « pause humanitaire » à Raqqa.

 

« Je ne peux pas penser à un lieu pire que celui-ci dans le monde actuellement ». Lors d'un point de presse ce jeudi à Genève, le Conseiller spécial de Staffan de Mistura s'est préoccupé du sort des plus de 20.000 civils de Raqqa, dans le nord de la Syrie. Des civils pris au piège dans cette ville contrôlée par les djihadistes de Daech.

Face à cette situation, l'ONU a ainsi plaidé pour une « pause humanitaire » dans les combats  à Raqqa. Une trêve dans ce fief des djihadistes du groupe Etat islamique en Syrie qui permettrait le départ en sécurité des quelque 20.000 civils encore pris au piège dans la ville. « Les bateaux ne doivent pas être attaqués sur l'Euphrate. Les gens qui partent ne doivent pas être soumis au risque des raids aériens », a souligné Jan Egeland. Selon le Conseiller spécial de Staffan de Mistura, « le moment est donc venu d'envisager des pauses ou des moyens de faciliter la fuite des civils, sachant que les  combattants de l'Etat islamique font tout ce qu'ils peuvent pour les maintenir sur place », a-t-il ajouté.

Même inquiétude aussi pour ces milliers de femmes et d'enfants, pris au piège par les tirs croisés des belligérants à Der Ez-Zor et les civils vivant à Idlib.

Concernant la situation humanitaire, après le premier convoi d'aide acheminé à Douma, dans la Ghouta orientale, depuis mai, deux autres ont pu rejoindre le week-end dernier deux sites dans les régions de Homs et Hama. En effet, un convoi interagences a livré, samedi, une assistance vitale à 84.000 personnes dans les localités difficiles d'accès de Talbiseh, à Homs, et de Tlul Elhomor, à Hama.  Le dernier convoi avait atteint cette région à la mi-juin. Mais du matériel médical a toutefois été partiellement ou entièrement retiré des chargements.

Dans les prochains jours, l'ONU souhaite pouvoir se rendre dans quatre villes importantes. Mais la cible d'un million de personnes aidées pour août et septembre n'est pour le moment pas atteinte, a reconnu M. Egeland.

Sur le front diplomatique, l'Envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie s'est de son côté réjoui de l'établissement d'un centre de surveillance en Jordanie, qui veillera au respect de la trêve dans la zone sud de la Syrie.

Ramzy Ezzeldin Ramzy s'est également prononcé sur les négociations de Ryad où les différents groupes de l'opposition (le Haut Comité des Négociations ainsi que les plateformes du Caire et de Moscou) tentent de trouver une stratégie commune. Interrogé également sur la question de savoir si les pourparlers de paix en Syrie auront lieu à Genève en septembre, il a ajouté qu'une « évaluation sera faite sur ce qui se passe dans la capitale saoudienne, et qui déterminera de la suite ».

A cet égard, l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Misrtura s'exprimera mercredi prochain devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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23/11/2017
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