RDC : l'assassinat de Zaida Catalan et Michael Sharp a été «prémédité», selon le groupe d'experts de l'ONU

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Une cérémonie organisée le 5 avril 2017 à Goma en mémoire de Zaida Catalan and Michaël Sharp, experts de l'ONU tués au Kasaï en RDC. Photo MONUSCO/ Myriam Asmani

Dans son dernier rapport rendu public le 10 août 2017, le Groupe d'experts des Nations Unies sur la République démocratique du Congo soutient que l'assassinat de Zaida Catalán et Michael Sharp a été «prémédité». Ces deux experts de l'ONU ont été tués en mars 2017 au Kasaï-Central alors qu'ils enquêtaient sur les violations des droits de l'homme commises dans cette province où les violences ont éclaté en août 2016.

Dans son rapport, le groupe d'experts note que les circonstances de ce double assassinat ne sont pas encore élucidées à ce jour.

Les experts onusiens disent ne pas exclure l'implication de différents acteurs (favorables ou non au gouvernement), les factions Kamuina Nsapu, d'autres groupes armés et les membres des services de sécurité de l'Etat.

Le rapport rappelle que Zaida Catalan et Michael Sharp se sont rendus à Kananga en janvier 2017 pour enquêter sur les violations des droits de l'homme commises dans la région du grand Kasaï.

Le groupe d'experts croit savoir que leurs deux experts ont été tués alors qu'ils avaient quitté Kananga pour la localité de Bunkonde. « Michael Sharp et Zaida Catalan ont été exécutés par un groupe hétéroclite d'individus dont l'identité n'avait toujours pas été établie au moment de l'établissement du présent rapport », lit-on dans le document.

Pour les enquêteurs, l'assassinat de ces deux experts de l'ONU constitue une attaque contre le conseil de sécurité et une violation grave du droit international humanitaire.

Action judiciaire

Par ailleurs, le groupe d'experts fait savoir qu'au moment de l'élaboration de son rapport, la justice militaire congolaise avait arrêté des suspects en rapport avec la mort de Zaida Catalan et Michael Sharp. Deux sont en train d'être jugés.

Les experts onusiens indiquent cependant «qu'en dépit des éléments de preuve disponibles, certains autres suspects clefs n'ont pas encore été arrêtés».

«En mai 2017, le groupe s'est entretenu avec un officier supérieur de police qui dénonçait le manque de coopération des services de sécurité de l'Etat participant aux enquêtes», lit-on plus loin dans le rapport qui ajoute :

«En outre, la diffusion répétée par le gouvernement congolais d'une vidéo du meurtre des deux experts pourrait nuire au bon déroulement des enquêtes pénales en cours.»

(Correspondance de Carine Ndamuso à Kananga, Radio Okapi)

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20/10/2017
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