Papouasie-Nouvelle-Guinée : l'ONU appelle l'Australie à protéger les migrants après le décès d'un Iranien

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Dans un centre de détention à Nauru, Sabah, une réfugiée somalienne montrant des photos de ses trois enfants séparés trois ans auparavant en fuyant les violences en Somalie. Photo d'archives : Panos/ V. Sokhin

L'ONU a appelé mardi l'Australie à assurer la protection des migrants au lendemain de la mort d'un demandeur d'asile iranien dans un camp de rétention de l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui doit être bientôt fermé. Le camp de Manus, où sont détenus environ 800 hommes, doit fermer en octobre suite à une décision de la Cour suprême de Papouasie. L'ONU explique avoir été informée que les migrants devront se réinstaller ailleurs en Papouasie ou rentrer dans leur pays d'origine.

 

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés s'est vivement préoccupé de la détérioration de la situation dans un camp de rétention d'une île en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'Agence onusienne invite donc Canberra à assurer une meilleure protection des migrants et des réfugiés. Cet appel du HCR intervient au lendemain de l'annonce de la mort d'un requérant d'asile iranien qui a été retrouvé pendu à un arbre.

Selon l'Agence onusienne des réfugiés, cette découverte macabre « illustre la situation précaire des personnes vulnérables ». Le HCR s'est d'ailleurs dit « extrêmement inquiet » de la situation dans ces camps de rétention et mis en garde contre une « escalade de la crise ».

D'autant que l'annonce de la fermeture du centre, en l'absence d'alternatives appropriées, provoque une profonde détresse parmi les réfugiés et demandeurs d'asiles. Pour le HCR, « nombreux sont ceux qui craignent pour leur sécurité à l'extérieur du centre, en particulier après une série d'incidents violents ces dernières années ».

Dans ces conditions, l'agence onusienne a une nouvelle fois appelé Canberra à « trouver de manière urgente des solutions humaines et viables à l'extérieur de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Nauru pour ceux qui sont toujours soumis à ces procédures offshore.

Le camp de Manus, où sont détenus environ 800 hommes, doit fermer en octobre suite à une décision de la Cour suprême de Papouasie. L'ONU explique avoir été informée que les migrants devront se réinstaller ailleurs en Papouasie ou rentrer dans leur pays d'origine.

Selon l'Agence onusienne, environ 2500 réfugiés et demandeurs d'asile ont été transférés de force par l'Australie vers des installations de « traitement offshore » en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Nauru depuis l'introduction, en 2013, de cette politique. Parmi eux, environ 1100 se trouvent toujours à Nauru et 900 autres en Papouasie-Nouvelle-Guinée. A la suite de l'accord bilatéral entre l'Australie et les États-Unis sur la réinstallation, le HCR a présenté, ces huit derniers mois, des dossiers de candidature aux Etats-Unis pour la réinstallation de plus de 1100 réfugiés. Un autre groupe de 500 personnes attend toujours l'issue de la procédure de détermination du statut de réfugié mené par les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Nauru, selon leur arrangement avec l'Australie. C'est dans ce contexte que le chef du HCR Filippo Grandi avait appelé le 24 juillet dernier l'Australie « à mettre fin à la pratique néfaste du modèle offshore de traitement et de placement » et « d'offrir des solutions à ces victimes, relevant de sa responsabilité, et de travailler avec le HCR sur de futures alternatives pour sauver des vies en mer et protéger les personnes dans le besoin ».

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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11/12/2017
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