Myanmar : plus de 5.200 Rohingya ont fui les violences pour se réfugier au Bangladesh

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Les réfugiés rohingya q dans des abris de fortune surpeuplés à Cox's Bazar, au Bangladesh (photo d'archives : HCR/Saiful Huq Omi).

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a souligné, mardi à Genève, la nécessité d'ouvrir les frontières aux personnes fuyant les violences dans l'Etat de Rakhine. Le HCR a ainsi informé aujourd'hui le gouvernement du Bangladesh de sa volonté de les soutenir dans l'aide qu'elle apporte aux réfugiés fuyant ces violences au Myanmar. L'Agence onusienne a donc appelé Dacca à continuer d'autoriser les Rohingya fuyant les violences à trouver refuge sur son territoire.

Beaucoup de ceux qui fuient cette nouvelle flambée de violences au Myanmar sont des personnes âgées, des femmes et des enfants, dont certains sont blessés. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, au moins 5.200 membres de la minorité musulmane Rohingya sont déjà passés au Bangladesh ces quatre derniers jours pour fuir ces combats dans l'État de Rakhine.

Le HCR indique avoir reçu des informations qui rapportent que dans certains cas, des personnes auraient été empêchées d'entrer au Bangladesh. Cela représente un risque très grave pour les personnes concernées. Tout en reconnaissant que le Bangladesh a généreusement accueilli pendant des décennies des réfugiés du Myanmar, l'Agence onusienne a appelé Dacca à continuer d'autoriser les Rohingya fuyant les violences à trouver refuge sur son territoire. Le HCR demande aussi à la communauté internationale de soutenir le Bangladesh afin de fournir toute l'aide nécessaire à ces personnes vulnérables.

En attendant, c'est le branle-bas de combat des autorités bangladaises et des communautés locales, mais aussi des partenaires du HCR et des ONG pour fournir des vivres, de l'eau et de l'aide médicale aux nouveaux arrivants. « Des évaluations rapides des besoins sont prévues, mais avec la situation précaire au Myanmar, nous sommes préoccupés par le fait que le nombre de personnes ayant besoin d'aide pourrait encore augmenter au cours des prochains jours », a averti, Adrian Edwards, porte-parole du HCR au cours d'un point de presse ce mardi à Genève.

Pourtant dans l'Etat de Rakhine, les organismes humanitaires doivent faire face à des restrictions sur l'accès en raison de la dégradation sécuritaire sur le terrain. Dans ces conditions, le HCR demande aux autorités du Myanmar de faire tout leur possible pour faciliter l'aide humanitaire et assurer la sécurité de leur personnel. Il faut juste rappeler que le Secrétaire général de l'ONU avait également demandé hier que les agences humanitaires puissent bénéficier d'un accès libre et sans entrave aux communautés touchées qui ont besoin d'assistance et de protection.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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17/10/2017
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