Myanmar : l'ONU condamne les violences meurtrières dans l'État de Rakhine

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Deux hommes assis dans les décombres de leurs maisons à Sittwe, la capitale de l'état de Rakhine au Myanmar. Photo: IRIN/Khine Thurein

Les graves violences mortelles perpétrées ce vendredi sont vivement condamnées par la Résidente coordonnatrice des activités de l'ONU dans le pays. Renata Lok-Dessallien, a appelé ce même jour « toutes les parties » à mettre fin à la violence après que plus de 80 personnes, dont des représentants des forces gouvernementales ont été tuées lors d’affrontements dans l'État de Rakhine.

Selon les informations annoncées par les autorités du Myanmar rapportées par la presse, au moins 89 personnes ont été tuées lors d’attaques perpétrées par des groupes armés rohingya qui ont ciblé plus de 20 postes frontières limitrophes du Bangladesh.

Dans  un communiqué rendu public vendredi matin à Genève, la Coordinatrice résidente de l’ONU au Myanmar a « condamné ces violences meurtrières » et s'est vivement inquiété de la « situation sécuritaire dans l'Etat de Rakhine. Renata Lok-Dessallien a ainsi appelé « toutes les parties à cesser ces actes de violence, protéger les civils et rétablir l'ordre ».

« Nous condamnons dans les termes les plus forts la série d'attaques coordonnées lancées contre les forces de sécurité du Myanmar dans les régions septentrionales de l'État de Rakhine aux premières heures du 25 août. Nous regrettons les pertes de vies humaines, exprimons nos plus sincères condoléances aux familles endeuillées et souhaitons aussi un prompt rétablissement aux blessés.

La Coordinatrice résidente appelle toutes les parties au conflit à faire cesser les actes de violence, à protéger les civils, à rétablir l'état de droit et l'ordre public et à régler les problèmes par le dialogue et des moyens pacifiques.

Les événements graves témoignent de l'importance de l'engagement du gouvernement à mettre en œuvre les recommandations de la Commission consultative sur l'État de Rakhine pour améliorer le bien-être de toutes les communautés.

Renata Lok-Dessallien conclut sa déclaration en faisant part de sa profonde inquiétude quant à la situation sécuritaire dans l'État de Rakhine. « Nous continuons à suivre la situation et à rester en contact avec les autorités », précise-t-elle.

Pour sa part, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a condamné vendredi dans les termes les plus fermes la série d’attaques menées le même jour contre les forces de sécurité du Myanmar dans le nord de l’État Rakhine.

« Le Secrétaire général suit de près l’évolution de la situation dans l’État Rakhine et s’inquiète de l’aggravation des tensions dans la région », a indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse. « Il espère que les responsables de cette violence inacceptable seront rapidement traduits en justice ».

M. Guterres a réaffirmé l’importance de traiter les causes profondes de la violence, en particulier les questions liées à l’identité et à la citoyenneté, et d’apaiser les tensions intercommunautaires. Par la voie de son porte-parole, le chef de l’ONU a vivement exhorté toutes les communautés de l’État Rakhine à choisir le chemin de la paix.

« Le Secrétaire général souligne que, tout en prenant les mesures nécessaires pour freiner les attaques par des éléments criminels dans la région, les forces de sécurité doivent protéger les civils en tout temps, conformément au droit international humanitaire et aux droits de l’homme », a déclaré son porte-parole.

(Extrait sonore : Alessandra Vellucci, porte-parole de l'ONU à Genève)

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20/10/2017
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