La Genève internationale, dépositaire des Conventions de Genève, déplore les attaques perpétrées contre les établissements sanitaires

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La famille des Nations Unies et ses partenaires humanitaires à Genève ont célébré ce lundi au Palais des Nations la Journée mondiale de l'aide humanitaire. A cette occasion, l'ONU a organisé un débat de haut niveau sur le thème « La violence à l'encontre du système de santé, ses conséquences sur les populations affectées et sur l'aide et les travailleurs humanitaires ». Lors de son discours introductif, le Directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève a insisté sur l'importance de la protection des travailleurs de la santé qui sont de plus en plus pris pour cibles. Michael Moller a ainsi rappelé qu'en 2016, il y a eu 300 morts lors de 400 attaques contre des infrastructures sanitaires dans une vingtaine de pays dans le monde.

A en croire le Bureau des Nations Unies à Genève, les mêmes tendances alarmantes sont notées cette année puisqu'au premier trimestre de 2017,  88 attaques ont été répertoriés dans 14 pays et ont fait 80 morts. Il s'agit de personnels sanitaires, patients et autres civils présents sur place tués lors de ces attaques.

Des drames dont a été témoin un chirurgien du Comité international de la Croix-Rouge. A Genève, Dr Marco Baldan s'est souvenu de ce long calvaire vécu à Aden en avril 2015.  Cette équipe médicale du CICR s'est ainsi réfugiée dans une cave pendant trois nuits pour échapper aux tirs nourris des belligérants. Même après avoir échappé à la mort, la mission a continué pendant trois semaines au cœur d'une zone de guerre au Yémen alors même que d'autres fuient dès qu'ils le peuvent pour se mettre à l'abri. Une façon pour rappeler que l'envoi d'équipes médicales dans des zones de conflits est une part essentielle de la mission du CICR et des humanitaires. Et Dr Marco Baldan, qui vient d'Italie, ne s'inquiète pas des risques encourus.

Lors du témoignage du Dr Marco Baldan au Palais des Nations, on retient la foi d'un médecin pour secourir les victimes des conflits, mais qui qualifie désormais ce genre de de crises humanitaire, de « mission impossible ». Face à « l'épuisement, l'odeur du sang, les larmes des familles abandonnées », Dr Marco Baldan lance ainsi un appel pour « ne pas laisser les choses se passer ainsi ». Selon ce chirurgien de guerre italien, « les patients, les médecins, les hôpitaux et les ambulances ne doivent pas constituer une cible ».

Même son de cloche du côté de l'Organisation mondiale de la santé qui exhorte une nouvelle fois toutes les parties à respecter le droit humanitaire international et à s'abstenir d'attaquer les infrastructures civiles. Selon Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Chef de l'OMS, « il est vital de protéger les locaux et le personnel médical pour qu'il puisse soigner sans risque les patients. Et ma priorité, c'est de permettre à tout un chacun d'accéder aux soins de santé ».

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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23/11/2017
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