Kenya : le pays est «à un moment critique» et les leaders doivent «agir de façon responsable», selon l'ONU

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Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein – UN Photo/Jean-Marc Ferré

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a salué mardi le vote pacifique lors de la récente élection présidentielle au Kenya mais a exhorté les dirigeants politiques du pays à « s’engager sur la voie de la responsabilité et à faire preuve de leadership pour éviter la violence ».

Le chef des droits de l’homme de l’ONU a exprimé sa préoccupation concernant des informations faisant état de l’utilisation par les forces de sécurité kenyanes de balles réelles contre des manifestants et de brutalités policières ayant fait des morts et des blessés, y compris des enfants.

Des manifestations ont éclaté après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle le 11 août. Dans certains cas, des individus ont eu recours à des jets de pierres, au pillage et à la destruction de biens.

« Le Kenya est à un moment critique », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein. « Les dirigeants politiques du pays doivent faire tout leur possible pour apaiser un climat politique instable. Toutes les réclamations concernant la conduite des élections doivent être faites par des moyens constitutionnels et légaux ».

Le Haut-Commissaire a tenu à rappeler que « les gens ont le droit de se réunir et de protester pacifiquement, et les autorités ont la responsabilité de veiller à ce qu’elles puissent le faire. Le gouvernement a également la responsabilité de veiller à ce que les forces de sécurité donnent la priorité au dialogue, aux moyens non violents et fassent preuve de retenue, en utilisant une force proportionnée seulement lorsque cela est inévitable », a-t-il ajouté.

Zeid Ra’ad Al Hussein a également rappelé que « les manifestants, ne devraient jamais recourir à la violence et les dirigeants politiques devraient envoyer des messages clairs à leurs partisans en appelant à un comportement pacifique ».

« Tous les actes de violence, y compris les allégations sérieuses d’usage excessif de la force par les forces de sécurité, doivent faire l’objet d’une enquête rapide et indépendante », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cet effort, le Haut-Commissaire a appelé le gouvernement à annoncer immédiatement qu’il coopérera pleinement et sans équivoque avec l’Autorité indépendante de surveillance des services de police et avec des efforts subséquents pour établir les responsabilités.

Zeid Ra’ad Al Hussein a également exprimé sa profonde préoccupation quant au fait que le Conseil de coordination des ONG du Kenya a appelé mardi à la fermeture d’une ONG proéminente, le Centre africain pour la gouvernance ouverte (AFRICOG) et à l’arrestation de ses directeurs et membres. Cet appel survient après la décision faite lundi par le même Conseil de coordination des ONG de désinscrire une autre ONG respectée, la Commission des droits de l’homme du Kenya.

Le Haut-Commissaire a appelé à ce que les acteurs de la société civile et les médias puissent travailler sans entrave, ni crainte de représailles.

 

(Mise en perspective: Elizabeth Throssell, porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l’homme; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/09/2017
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