Irlande : le Comité contre la torture veut des garanties de non répétition pour les abus du passé

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Sébastien Touzé, membre du Comité contre la torture (deuxième à gauche) lors d’un point de presse du Comité à Genève (photo d’archives: Twitter UN Geneva).

« Les droits des victimes doivent être entièrement respectés. Et il faut des garanties de non répétition, c'est-à-dire pour que ce genre d'abus ne se reproduisent plus ». Lors d'un point de presse ce vendredi à Genève, les membres du Comité contre la torture ont ainsi appelé l'Irlande à mieux panser les plaies de son passé, notamment concernant les abus infligés à des enfants dans des résidences gérées par l'Eglise catholique.

Idem sur les allégations d'abus commis dans des centres d'accueil de mères et d'enfants (Mother and Baby Homes) et dans les laveries Magdalen. « Nous avons insisté sur la nécessité de faire la lumière sur tous les éléments », a ainsi déclaré  Sébastien Touzé, membre du Comité contre la torture. L'expert français demande ainsi à Dublin de « procéder à des enquêtes rigoureuses et de mettre en place des mécanismes de réparation et de suivi permettant une véritable réhabilitation des victimes ».

Lors de l'examen du rapport les 27 et 28 juillet dernier, les membres du Comité avaient interpellé la délégation irlandaise sur les affaires des victimes de mauvais traitements dans les écoles industrielles, les laveries Magdalen et les centres d'accueil des mères et enfants (Mother and Baby Homes).

Malgré les progrès réalisés dans la gestion du dossier des graves blessures infligées aux enfants dans des résidences gérées par l'Eglise catholique et financées par l'État irlandais dans les années 1970 ( violences inventoriés dans un rapport intitulé le «rapport Ryan» », des lacunes ont persisté notamment concernant les réponses apportées aux victimes. Les membres du Comité ont ainsi invité les autorités irlandaises de s'assurer que les victimes puissent obtenir des garanties de non répétition ainsi que des mesures de réhabilitation autre que financières.

Les mêmes préoccupations ont été rapportées concernant l'absence d'enquêtes et de poursuites sur les allégations d'abus commis dans des centres d'accueil de mères et d'enfants (Mother and Baby Homes), les plaintes pour les abus commis entre 1992 et 1996 contre des filles et femmes placées dans les laveries Magdalen ainsi que sur les actes de symphyséotomie commis sur 1500 femmes sans leur consentement dans des hôpitaux privés et publics entre 1945 et 1987 afin d'éviter les césariennes auxquelles certains médecins catholiques s'opposaient.

(Extrait sonore : Sébastien Touzé, membre du Comité contre la torture ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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21/11/2017
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