Face aux risques de famine, le Conseil de sécurité appelle à protéger les humanitaires dans les zones de conflits

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Un garçon souffrant de malnutrition sévère à l'hôpital Al-Thawra, Hodeidah, au Yémen (archives). Photo UNICEF/Abdoo Al-Karim

Le Conseil de sécurité a réaffirmé mercredi son intention de s’efforcer – aux côtés du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres – de mettre un terme « par tous les moyens » aux conflits, y compris en s’attaquant à leur causes profondes « d’une manière inclusive et durable ».

Dans une déclaration de sa Présidence, le Conseil s’est dit profondément préoccupé face aux besoins humanitaires dans le monde, « qui n’ont jamais été si grands », et au risque de famine qui menace plus de 20 millions de personnes au Yémen, en Somalie, au Soudan du Sud et dans le nord-est du Nigéria.

Le Conseil a déploré les « effets dévastateurs » qu’ont sur les civils les conflits armés qui sévissent à l’heure actuelle et la violence. « Les conflits en cours et la violence ont des conséquences désastreuses sur le plan humanitaire et empêchent le bon acheminement de l’aide humanitaire à court, moyen et long terme », ont alerté ses 15 membres, soulignant qu’ils constituent par la même une des principales causes de famine dans ces situations.

A cet égard, les membres du Conseil ont également souligné la corrélation existant entre les pénuries alimentaires et la vulnérabilité des femmes, des enfants et des personnes handicapées.

Respect du droit, des travailleurs et des opérations humanitaires

Dans leur déclaration commune, les membres du Conseil ont appelé toutes les parties aux conflits armés – et ceux qui les influencent – à respecter le droit international humanitaire et leur ont rappelé leur obligation de respecter et protéger les civils.

Le Conseil insiste sur la nécessité de garantir la sécurité des opérations et du personnel humanitaires dans les pays qui sont en proie à un conflit. Il appelle toutes les parties à respecter et protéger les installations médicales, le personnel médical, les moyens utilisés pour leur transport et leur matériel.

Le Conseil de sécurité a déploré qu’au Yémen, au Soudan du Sud, en Somalie et dans le nord-est du Nigéria, qui sont déchirés par des conflits, certaines parties n’aient pas permis un acheminement sans entrave continu de l’aide alimentaire essentielle et des autres formes d’aide humanitaire. Il a de nouveau demandé à toutes les parties d’assurer un accès humanitaire en toute sécurité, en temps voulu et sans entrave à toutes les zones et de faciliter l’accès à tous les pays et la distribution sur l’ensemble des territoires des denrées alimentaires, du carburant et des fournitures médicales d’importation essentiels.

Le Conseil a par ailleurs demandé à toutes les parties de protéger l’infrastructure civile essentielle au bon acheminement de l’aide humanitaire dans les pays touchés. Il a demandé à toutes les parties au Yémen, au Soudan du Sud, en Somalie et dans le nord-est du Nigéria de prendre des mesures urgentes pour permettre une action humanitaire plus efficace.

Les donateurs appelés à concrétiser des engagements financiers

Saluant les efforts engagés par les donateurs internationaux pour apporter une réponse humanitaire à ces quatre crises, le Conseil a demandé que soient rapidement débloqués les fonds qui ont déjà été promis lors des différentes conférences internationales, y compris celles qui se sont tenues à Oslo, Genève et Londres, si possible sous la forme de fonds pluriannuels qui n’ont pas été pré-affectés.

Les membres du Conseil appellent les Etats membres de l’ONU à verser des ressources et des fonds supplémentaires pour sauver de la famine ceux qui sont menacés.

Le Conseil souligne la nécessité de faciliter le relèvement à long terme des pays touchés par des conflits et d’améliorer leur résilience.

Compte tenu des risques sans précédent de famine que connaissent, sur fond de conflits, le Yémen, la Somalie, le Soudan du Sud et le nord-est du Nigéria, le Conseil a demandé au Secrétaire général de lui présenter un exposé oral, au mois d’octobre 2017, sur les problèmes rencontrés dans chacun de ces pays qui empêchent d’écarter efficacement le risque de famine.

M. Guterres est également prié de faire des recommandations spécifiques sur les moyens de remédier à ces problèmes pour permettre une action plus solide à court et long terme dans les quatre pays. Le Conseil s’est dit prêt à continuer d’appuyer l’appel à l’action lancé par le Secrétaire général pour empêcher la famine dans les pays qui sont en proie à des conflits. Il prie le chef de l’ONU de donner rapidement l’alerte lorsqu’un conflit ayant de graves conséquences humanitaires et empêchant l’acheminement d’une aide humanitaire efficace risque de provoquer une famine.

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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20/10/2017
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