Conseil de sécurité/Afrique : la paix et la sécurité passent par une meilleure place faite aux femmes, selon l’ONU

Écouter /

La Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J Mohammed, a rendu compte jeudi au Conseil de sécurité de la mission qu’elle a effectuée au Nigéria et en République démocratique du Congo (RDC) du 19 au 27 juillet dernier. (Photo : ONU/Manuel Elias)

La Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J Mohammed, a rendu compte jeudi au Conseil de sécurité de la mission qu’elle a effectuée au Nigéria et en République démocratique du Congo (RDC) du 19 au 27 juillet dernier.

Cette mission était « la première en son genre » puisqu’elle était centrée exclusivement sur la problématique des femmes, de la paix, de la sécurité et du développement.

« Nous étions quatre Africaines,appartenant à deux organisations, en déplacement dans deux pays, avec un objectif : promouvoir la paix en promouvant l’égalité, l’autonomisation et le bien-être des femmes », a déclaré Mme Mohammed qui était accompagnée dans sa mission par la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka (sud-africaine), de la Représentante spéciale de l’ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Pramila Patten (mauritienne), et de l’Envoyée spéciale de l’Union africaine (UA) sur les femmes, la paix et la sécurité, Bineta Diop (sénégalaise).

La mission menée par la Vice-Secrétaire générale a également permis d’approfondir le partenariat entre l’ONU et l’UA dans la perspective de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063 « L’Afrique que nous voulons ».

Dans son exposé au Conseil, Amina Mohammed a souligné que le Nigéria et la RDC ont de faibles niveaux de participation des femmes à la vie politique et se heurtent à des conflits caractérisés par des niveaux élevés de violences sexuelles.

« En RDC, la violence sexuelle est généralisée. Dans le nord du Nigéria, les enlèvements, les mariages forcés et l’utilisation des femmes pour commettre des attentats suicides ont de lourdes conséquences et, dans les camps, l’exploitation sexuelle, y compris sous la forme de nourriture contre des faveurs sexuelles, est une nouvelle tendance alarmante », a-t-elle relevé.

En RDC, Mme Mohammed a souligné que la situation était à la fois complexe et fragile, marquée par des violences perpétrées à la fois par des acteurs étatiques et non étatiques, qui sont également responsables de trafic illicite de ressources naturelles et de tensions politiques.

L’instabilité politique risque de s’approfondir sous peine d’une mise en œuvre intégrale de l’accord conclu le 31 décembre 2016, a observé Mme Mohammed. Elle a rappelé aux parties que l’ONU était prête à les soutenir à cet égard.

Évoquant l’avenir des femmes de Goma, alors que le camp de personnes déplacées qui s’y trouve vient d’être fermé, la Vice-Secrétaire générale a dit avoir été informée que l’ONU n’avait pas les moyens de ou la capacité de passer d’une phase d’assistance humanitaire à une phase de soutien aux communautés de réinsertion.

Selon la numéro deux de l’ONU, la communauté internationale doit mieux comprendre le rôle des femmes dans le développement et le renforcement de la paix ainsi que la dimension du genre dans les conflits, afin que nos réponses soient efficaces.

« L’un des messages qui résonne le plus c'est que l’investissement dans les femmes et les filles doit être au cœur de nos efforts au Nigeria, en République démocratique du Congo et ailleurs, si nous voulons la paix et un développement durable. Il faudra accorder une attention particulière au contexte, afin d'apporter les bonnes réponses qui donneront les bons résultats » a conclu Amina Mohammed.

 

 

 

(Extrait sonore: Amina Mohammed, Vice-Secrétaire générale de l’ONU)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
18/10/2017
Loading the player ...