Centrafrique : l'UNICEF préoccupé par le regain de violence et le nombre des déplacés

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Des personnes déplacées dans le camp de l'aéroport de M'Poko à Bangui, République centrafricaine (archives). Photo OCHA/Phil Moore

« Ce n'est pas le moment d'oublier la Centrafrique et nous devons pas abandonner les enfants centrafricains ». Lors d'un point de presse ce mardi à Genève, la porte-parole de l'UNICEF en RCA s'est indignée de la résurgence des violences dans plusieurs localités de l'intérieur de ce pays d'Afrique centrale. Un regain de tension, qui est selon Donaig Le Du à l'origine d'un important mouvement de populations sur le terrain.

La Centrafrique compte désormais plus de 600.000 déplacés internes et un nombre qui témoigne d'une rechute vers une importante crise humanitaire. Soit une augmentation de près de 200.000 déplacés depuis le mois d'avril.

Plus de 480.000 personnes sur les 4,5 millions de Centrafricains ont déjà fui vers l'étranger, au Tchad, au Cameroun, en République Démocratique du Congo (RDC) et au Congo, principalement.

Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, un Centrafricain sur cinq est soit déplacé interne ou réfugié dans un pays voisin de la RCA. Une situation qui n'est pas étrangère à la reprise de la violence et d'une situation sécuritaire plus inquiétante dans l'Est (Bangassou, Alindao, Bria et Zemio), et à l'Ouest (Bocaranga, Ngaounday, Bang) de la République Centrafricaine. La persistance de quelques poches d'insécurité, a provoqué de nouveaux déplacements de civiles victimes d'attaques de groupes armés.

Dans ces localités, la protection des civils et la fourniture d'aide constituent des défis colossaux dans un environnement difficile où la sécurité des travailleurs humanitaires est trop souvent menacée. Le dernier exemple qui illustre la difficulté pour les humanitaires de travailler en RCA reste la mort violente des six volontaires de la Croix-Rouge le 3 août dernier. Ces derniers prenaient part à une réunion de crise dans une structure de santé à Gambo, dans la préfecture de Mbomou au Sud-est de la RCA quand ils ont été tués dans de violents combats à Gambo. Dans ce contexte difficile, la protection des civils implique de protéger les enfants, de les préserver du recrutement par les groupes armés, de protéger les femmes contre le viol, d'empêcher que des hommes et des femmes soient tués et de fournir de l'aide. « En raison des problèmes d'insécurité et la qualité des routes, l'accès demeure le principal défi pour les humanitaires », fait remarquer Donaig Le Du, dans un entretien accordé à ONU-Infos.

Pourtant la réponse humanitaire en Centrafrique fait face à un sous-financement chronique. La détérioration continue de la situation dans le pays a amené la communauté humanitaire à réviser son Plan de réponse humanitaire. Porté désormais à 497 millions de dollars, il n'est toujours financé qu'à hauteur de 26% (131 millions), ce qui est bien inférieur à la moyenne mondiale de financement située généralement autour de 34%.

(Extrait sonore : Donaig Le Du, porte-parole de l'UNICEF en RCA ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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21/11/2017
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