Au Soudan du Sud, le chef du maintien de la paix de l'ONU prévient que le processus de paix ne peut pas réussir si les combats continuent

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Jean-Pierre Lacroix, Sous-secrétaire général aux affaires du maintien de la paix, en visite au Soudan du Sud.(Photo: Daniel Dickinson)

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, est arrivé mardi à Juba, la capitale du Soudan du Sud, pour une visite de trois jours dans ce pays.

A son arrivée, M. Lacroix a déclaré espérer avoir des discussions avec le Président du Soudan du Sud, Salva Kiir, pour faire le point sur la « situation sécuritaire, le processus politique et sur comment nous pouvons aider à faire progresser ce processus ».

Dès son premier jour au Soudan du Sud, le Secrétaire général adjoint s’est entretenu avec le Ministre des affaires étrangères, Deng Alor. Ce dernier lui a expliqué l’évolution des initiatives en cours pour faire avancer la paix au Soudan du Sud, l’importance de l’initiative du groupe régional IGAD (Autorité intergouvernementale sur le développement) concernant la revitalisation de la mise en œuvre de l’accord de paix et les efforts menés par les pays voisins, tels que l’Ouganda, pour rapprocher les parties prenantes.

« Nous avons convenu que toutes ces actions et ces initiatives étaient importantes et devaient évoluer en une dynamique positive qui permettrait d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix et de favoriser la paix durable dans ce pays », a déclaré aux journalistes M. Lacroix à l’issue de sa rencontre avec le chef de la diplomatie sud-soudanaise.

Le chef des opérations de maintien de la paix a également souligné que ces processus ne pouvaient pas réussir si les combats continuent. « J’ai plaidé que cela était également extrêmement important pour que ce processus de paix ait de meilleures chances de réussir, mais il est aussi très important que les combats se terminent pour que la situation humanitaire de la population s’améliore », a-t-il dit.

MM. Lacroix et Alor ont également discuté de la situation à Abyei – une région qui fait toujours l’objet d’un contentieux entre le Soudan et le Soudan du Sud et où est déployée une force intérimaire de sécurité des Nations Unies (FISNUA). « J’ai rappelé la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’impatience exprimée par le Conseil de sécurité selon laquelle il faudrait progresser dans la mise en œuvre de l’accord entre le Soudan et le Soudan du Sud », a dit le Secrétaire général adjoint. « À cet égard, nous avons convenu que la prochaine réunion de haut niveau – en particulier la réunion, qui si je comprends, se déroulera sous peu entre le Président Kiir et le Président Bachir du Soudan – sera très importante ».

Lors de son premier jour à Juba, le Secrétaire général adjoint a également rencontré le Ministre en charge des affaires gouvernementales, Martin E. Lomuro, et ses collègues du gouvernement sud-soudanais pour discuter des problèmes de sécurité, du processus de paix, des efforts de revitalisation de l’IGAD.

« L’ONU est là pour aider le Soudan du Sud à parvenir à la paix et à aider la population du Soudan du Sud », a déclaré M. Lacroix. « Nous avons souligné le fait que les agences humanitaires de l’ONU font de leur mieux pour aider la population du Soudan du Sud et nous espérons une coopération accrue avec le gouvernement afin que nous puissions avoir accès aux populations en détresse où qu’elles soient », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint a souligné que la Force de protection régionale (FPR), décidée par le Conseil de sécurité l’année dernière, est en cours de déploiement. « Nous avons déjà des unités qui sont arrivées ici et nous attendons avec impatience que les autres unités se déploient au Soudan du Sud aussi rapidement que possible », a-t-il dit.

(Extrait sonore : Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint au maintien de la paix ; propos recueillis par Daniel Dickinson, MINUSS)

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18/10/2017
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