Philippines: des experts de l'ONU lance un appel à l'action au gouvernement face à la croissance des violations

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Le gouvernement des Philippines doit prendre des mesures urgentes face à l'augmentation « en spirale » de violations des droits de l’homme, y compris des exécutions sommaire, des meurtres et des menaces contre les peuples autochtones, ont affirmé lundi trois experts indépendants des droits de l'Homme de l'ONU.

«Nous sommes choqués par les niveaux croissants de violence, d’homicides, d’intimidation et de harcèlement subis par les défenseurs des droits de l’homme – y compris ceux qui protègent les peuples autochtones – les organisateurs syndicaux, les agriculteurs et les membres de leur famille», ont affirmé les experts.

Les experts auraient déjà reçu une cinquantaine d'allégations.

“Nous assistons à de graves violations multiples des droits de l’homme, en particulier contre les peuples autochtones et les défenseurs des droits de l’homme”, ont-ils souligné. «Les enfants ne sont pas épargnés et continuent d’être à haut risque dans un climat de violence dominante».

L'augmentation de violations s'est notamment produite contre les population Lumad de l'ile de Mindanao. Cette population autochtones tenteraient de défendre son territoire face aux intérêts miniers, qui eux beneficieraient de l’accompagnement ou le soutien direct des forces de sécurité.

« Tous ces cas doivent faire l’objet d’une enquête approfondie et les auteurs devraient être traduits en justice », ont exhorté les experts.

Lors d’une conférence télévisée le 24 juillet, le Président philippin Rodrigo Duterte a menacé de bombarder les écoles de Lumad à Mindanao.

“Nous exhortons le gouvernement à assurer une protection efficace des individus et des groupes qui peuvent être soumis à des exécutions extrajudiciaires, arbitraires ou sommaires ou à ceux qui ont subi des menaces de mort”, ont déclaré les experts, soulignant que la responsabilité des agents de l'État demeurait en place malgré les propos du Président.

“Le gouvernement doit également empêcher l’incitation à la violence ou aux meurtres contre les communautés autochtones, les défenseurs des droits de l’homme et les agriculteurs”, ont-ils conclu.

Le groupe d’experts des droits de l’homme des Nations Unies a été en contact avec le Gouvernement des Philippines concernant ces préoccupations.

 

(Extrait sonore : Agnès Callamard, Rapporteuse spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires; propos recueillis Cristina Silveiro)

 

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12/12/2017
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