OMS : le Yémen est confronté à la plus grande épidémie de choléra au monde

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Le Yémen est confronté à la pire épidémie de choléra au monde, selon l'ONU. Photo OMS (archives)

Chaque jour, plus de 5.000 Yéménites tombent malades avec des symptômes de diarrhée aqueuse aiguë ou de choléra, a alerté vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Entre le 27 avril et le 19 juillet 2017, 368.207 cas suspects de choléra et 1.828 décès ont été signalés dans 91,3% des gouvernorats du Yémen », a déclaré une porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib, lors d’un point de presse à Genève.

L’OMS et ses partenaires de santé concentrent actuellement leurs ressources sur des interventions visant à traiter les personnes touchées par l’épidémie et à réduire sa propagation. Il s’agit notamment d’étendre l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, à mettre en place des centres de traitement, à former les agents de santé, à renforcer la surveillance et à travailler avec les communautés en matière de prévention.

« La réponse semble fonctionner mais a dû être relevée », a dit Fadela Chaib. « Plus de 99% des personnes victimes d’un cas suspect de choléra et qui ont pu accéder à un centre de santé pourraient survivre », a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité de fournir des espaces de réhydratation orale ainsi que des centres de traitement pour le plus grand nombre possible de personnes.

« Le choléra attaque les plus vulnérables et dans l’épidémie en cours, les enfants et les personnes âgées payent le prix le plus élevé », a déploré la porte-parole. Selon l’OMS, les enfants âgés de moins de 15 ans représentaient 41% de tous les cas suspects et les personnes âgées de plus de 60 ans représentaient un tiers de tous les décès liés au choléra.

L’OMS souligne la nécessité de rompre le cercle vicieux de la diarrhée et de la malnutrition. 17 millions de Yéménites sont actuellement dans une situation d’insécurité alimentaire. Environ 200 tonnes de médicaments et de matériel hospitalier et 140 tonnes d’aliments destinés aux enfants atteints de malnutrition sont arrivés au Yémen au nom de l’UNICEF le 30 juin.

Le suivi de l’épidémie a confirmé une légère baisse des cas suspects au cours des deux dernières semaines dans certains des gouvernorats les plus touchés : Amanat Al Asimah, Amran et Sanaa. L’OMS prévient toutefois que ces données doivent être interprétées avec une grande prudence en raison d’un retard dans la saisie de données qui ont pris du temps pour être interprétées et analysées.

L’OMS continue de surveiller la situation pour déterminer si cette tendance de légère diminution continuera au cours des prochaines semaines. « Même si l’épidémie a commencé à ralentir dans certaines régions, des milliers de personnes tombent encore malades tous les jours et la situation reste alarmante », a prévenu Mme Chaib. « L’épidémie de choléra au Yémen est loin d’être maîtrisée ».

Avec le début de la saison des pluies, le rythme de transmission de l’épidémie de choléra pourrait augmenter et l’OMS souligne que des efforts soutenus sont nécessaires pour arrêter sa progression.

(Extrait sonore : Fadela Chaib, porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé à Genève)

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20/10/2017
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