« L'été sera chaud en ville » – l'ONU lance une série de vidéos expliquant l'impact du changement climatique

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Une fille s'amuse au milieu de fontaines d'eau alors que la chaleur estivale s'installe en ville. Photo: OMM

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) et l’organisme Climate Central ont lancé mercredi une nouvelle série de bulletins climatologiques dans lesquels des présentateurs météos expliquent les conséquences du changement climatique sur la température en milieu urbain.

Cette série de vidéos disponibles sur YouTube portent sur les villes de Paris, Barcelone, Berlin, Bruxelles, Buenos Aires, Francfort, Hanoï, La Havane, Le Cap, Kampala, Madrid, Montréal, Nairobi, Sofia et Tokyo. Elles visent à rendre la climatologie plus accessible afin que le grand public puisse mieux comprendre l’impact du changement climatique sur les conditions météorologiques locales et nationales et leur vie quotidienne.

Climate Central a utilisé les modèles du climat mondial étudiés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour évaluer l’effet sur la température estivale dans plusieurs villes en 2100. Pour ce faire, il s’est fondé sur deux scénarios de changement climatique différents (niveau élevé et niveau modéré d’émissions) et a établi un lien entre chaque ville étudiée et une ville où la température évaluée pour cette dernière est actuellement la normale.

L’OMM et Climate Central ont ensuite invité des présentateurs météo d’une dizaine de pays à étudier les résultats de ces scénarios, en collaboration avec les services météorologiques et d’autres experts nationaux.

« Les présentateurs météo ont formulé des scénarios « envisageables » et non de véritables prévisions. Mais ces scénarios reposent sur les données climatiques les plus récentes et dressent un portrait convaincant des conséquences éventuelles du changement climatique sur la vie de tous les jours dans des villes où vit la majeure partie de la population mondiale », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, dans un communiqué.

« L’été sera chaud en ville »

Alors que l’année en cours est déjà marquée par des vagues de chaleur et de nouveaux records de température maximale quotidienne, les présentateurs météo ont étudié dans quelle mesure le changement climatique pourrait rendre les étés encore plus chauds à l’avenir dans certaines grandes métropoles.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, la température moyenne à la surface du globe pourrait s’élever de plus de 4 °C d’ici la fin du 21e siècle.

« Le réchauffement pourrait être deux fois plus élevé dans les zones urbaines que dans les régions environnantes en raison des constructions en pierre et des routes asphaltées », a précisé M. Taalas. Ce phénomène s’accompagnerait, en particulier, d’une augmentation de la température nocturne » a-t-il ajouté.

Par exemple, d’ici la fin du siècle, les habitants de Paris (où la température maximale quotidienne moyenne est actuellement de 22,7 °C en été) pourraient subir des maximas semblables à ceux enregistrés actuellement dans la ville marocaine de Fez (29,2 °C). Pour une grande partie des villes évaluées, la température maximale quotidienne en été pourrait augmenter de 6 à 9 °C.

« Cette élévation de la température, ainsi que l’augmentation prévue du nombre de phénomènes météorologiques extrêmes associés, comme les orages d’été, auront des répercussions considérables dans les domaines de l’approvisionnement en énergie et en eau, de la santé publique et des transports », a souligné M. Taalas. « En outre, l’intensification des vagues de chaleur s’accompagnera d’une diminution de la qualité de l’air, ce qui peut même faire des victimes» a-t-il alerté.

Des villes engagées contre le dérèglement climatique

« D’ici à 2050, 80% environ de la population mondiale vivra dans des zones urbaines », a pour sa part rappelé le Maire de Mexico, Miguel Ángel Mancera, qui est également Vice-Président du volet Amérique Latine de l’organisation C40 – une organisation rassemblant plus de 80 grandes villes engagées dans la lutte contre le dérèglement climatique.

« Heureusement, les villes sont toujours plus nombreuses à s’être engagées à prendre des mesures pour réduire les émissions et privilégier le développement durable », s’est félicité M. Mancera, se disant convaincu que les actions prises à l’échelle locale par les villes permettront d’atteindre ces objectifs.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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16/10/2017
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