Le Conseil de sécurité appuie la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest

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Le Conseil de sécurité. (Photo ONU/Rick Bajornas)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a pris note lundi avec satisfaction de l’évolution politique positive récente dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, en particulier de la passation pacifique des pouvoirs en Gambie et de la tenue d’élections législatives libres et transparentes le 6 avril 2017.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), Mohamed ibn Chambas, a fait un exposé devant le Conseil de sécurité le 13 juillet sur la situation dans la région.

Dans une déclaration de la Présidence du Conseil adoptée lundi, les membres du Conseil encouragent « les partenaires bilatéraux et multilatéraux à appuyer comme il se doit les mesures prises par le gouvernement gambien pour rétablir l’état de droit et promouvoir la réconciliation et le développement dans l’intérêt des Gambiens ».

Le Conseil de sécurité note également avec satisfaction les progrès notables faits par la Côte d’Ivoire pour ce qui est de consolider une paix et une stabilité durables, ainsi que la prospérité économique, à la suite de la clôture de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) le 30 juin 2017 et souligne qu’il importe de continuer à aider la Côte d’Ivoire pendant la transition consécutive à la clôture de l’ONUCI.

En revanche, le Conseil s’inquiète à nouveau de la situation en Guinée-Bissau, engage tous les responsables politiques à agir dans le sens des dispositions des accords de Conakry et salue les efforts réalisés par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour aider à trouver une solution à la crise politique.

 

Le Conseil de sécurité préoccupé par les menaces terroristes

Le Conseil se dit également préoccupé par les menaces terroristes, notamment par la propagation de l’idéologie terroriste dans la région et par les liens qu’ont ces menaces avec la criminalité transnationale organisée, ainsi que par la détérioration de la situation humanitaire dans la région.

Le Conseil se félicite des efforts déployés aux niveaux sous-régional, régional et international pour atténuer les répercussions des opérations de Boko Haram sur la sécurité, la situation humanitaire et le développement.

Il prend ainsi note des progrès réalisés dans la mise en place de la Force multinationale mixte (FMM) et engage les États membres qui y participent à améliorer encore la coopération et la coordination militaires dans la région, à refuser de donner refuge à Boko Haram et à l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL/Daech), à permettre l’accès humanitaire et à faciliter le rétablissement de la sécurité civile et de l’état de droit dans les zones libérées.

Le Conseil invite les États membres et les partenaires multilatéraux à prêter leur appui à la Force, de façon à la rendre pleinement opérationnelle. Il souligne que, pour affaiblir et vaincre Boko Haram et Daech, il importe de suivre, dans la mesure du possible, une stratégie globale consistant notamment à mener des opérations de sécurité coordonnées, et à renforcer les activités civiles conduites par les gouvernements de la région pour améliorer la gouvernance, reconstruire les écoles et promouvoir la croissance économique dans les zones touchées.

Le Conseil exprime à nouveau sa profonde inquiétude face à la situation humanitaire désastreuse provoquée par les activités de Boko Haram et de Daech dans le bassin du lac Tchad, en particulier face à la gravité de l’insécurité alimentaire et à la possibilité de famine dans certaines zones. À cet égard, il engage la communauté internationale à appuyer immédiatement l’acheminement d’une aide humanitaire d’urgence vers les populations les plus touchées par la crise au Cameroun, au Niger, au Nigéria et au Tchad.

Le Conseil se félicite également des plans de dépenses de 2017 annoncés par le gouvernement nigérian pour le nord-est du pays, selon lesquels un montant total de 1 milliard de dollars de dépenses publiques de l’État fédéral et des États concernés serait consacré aux activités humanitaires et aux activités de développement, et demande instamment l’exécution rapide de ces plans.

 

Renforcer la sécurité aux frontières et la coopération régionale

Dans sa déclaration adoptée lundi, le Conseil se félicite que les pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel soient à l’origine d’initiatives visant à combattre l’insécurité dans la région et invite les États membres, les organisations régionales et sous-régionales, les entités des Nations Unies et les autres intervenants concernés à intensifier leur collaboration pour ce qui est de renforcer la cohésion sociale et de lutter contre les obstacles à la bonne gouvernance.

Le Conseil salue les efforts que font l’Union africaine et la CEDEAO, ainsi que les États membres de la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, pour renforcer la sécurité aux frontières et la coopération régionale, notamment grâce au G5 Sahel et au Processus de Nouakchott relatif au renforcement de la coopération en matière de sécurité et à l’opérationnalisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité dans la région sahélo-saharienne.

Conscient de l’incidence de la situation au Mali sur la paix et la sécurité régionales dans la région du Sahel, en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord, le Conseil se félicite à cet égard que la Force conjointe du G5 Sahel, dont l’effectif peut se monter à 5.000 militaires et membres de la police, ait été déployée sur le territoire des pays participants en vue de rétablir la paix et la sécurité dans la région du Sahel.

Les membres du Conseil de sécurité encouragent « les nouveaux progrès qui pourront être accomplis grâce à la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, y compris en épaulant le G5 Sahel, afin de contribuer à remédier aux problèmes de sécurité et aux difficultés d’ordre politique qui entravent la stabilité et le développement de la région du Sahel ».

 

 

(Extrait sonore: Mohamed Ibn Chambas,Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS); mise en perspective: Jérôme Bernard)

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14/12/2017
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