HCR : l’Australie doit mettre fin à la pratique du ‘traitement offshore’ des réfugiés

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Un centre pour les réfugiés à Nauru. (Photo HCR/N. Wright)

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a exhorté lundi l’Australie à mettre fin immédiatement à la pratique du ‘traitement offshore’ des réfugiés relevant de sa responsabilité et de travailler avec le HCR sur de futures alternatives pour sauver des vies en mer et protéger les personnes dans le besoin.

« La politique australienne sur le traitement et le placement offshore en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Nauru, qui interdit l’accès aux procédures de demande d’asile en Australie pour les réfugiés arrivant par la mer sans un visa valide, cause depuis trop longtemps des souffrances extrêmes et évitables », a dit Filippo Grandi dans une déclaration à la presse.

Environ 2.500 réfugiés et demandeurs d’asile ont été transférés de force par l’Australie vers des installations de ‘traitement offshore’ en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Nauru depuis l’introduction, en 2013, de cette politique.

Quatre ans après le début de la mise en œuvre de cette politique par les autorités australiennes, plus de 2.000 personnes (environ 1.100 à Nauru et 900 autres en Papouasie-Nouvelle-Guinée) sont toujours détenues dans des « conditions inacceptables », a déploré le Haut-Commissaire. « Des familles ont été séparées et beaucoup ont subi des préjudices physiques et psychologiques », a-t-il dit.

Dans le contexte de cette situation humanitaire désastreuse, le HCR avait exceptionnellement accepté en novembre dernier d’aider à la réinstallation des réfugiés aux Etats-Unis, suite à un accord bilatéral entre Canberra et Washington. « Nous avions accepté de le faire car l’Australie s’était préalablement engagée à autoriser enfin les réfugiés vulnérables ayant des proches sur son territoire à les rejoindre et s’y installer », a précisé M. Grandi.

A la suite de cet accord, le HCR a présenté, ces huit derniers mois, des dossiers de candidature aux Etats-Unis pour la réinstallation de plus de 1100 réfugiés. Un autre groupe de 500 personnes attend toujours l’issue de la procédure de détermination du statut de réfugié mené par les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Nauru, selon leur arrangement avec l’Australie.

Or le HCR a été récemment informé par l’Australie de son refus d’accepter l’entrée de ces réfugiés vulnérables. Ceux-ci ont été informés, ainsi que d’autres à Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, que leur seule option est de rester dans ces deux pays ou d’être transférés au Cambodge ou aux États-Unis.

« Cela signifie, par exemple, que certains d’entre eux souffrant de graves problèmes médicaux ou ayant subi des expériences traumatisantes, y compris la violence sexuelle, ne peuvent pas recevoir le soutien de leurs proches résidant en Australie », a regretté le chef du HCR.

Pour mettre fin à ces épreuves, le HCR n’a pas d’autre choix que d’organiser la réinstallation aux Etats-Unis de tous les réfugiés se trouvant en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Nauru, même ceux ayant des proches en Australie.

 

(Interview : Vanina Maestracci, porte-parole du HCR; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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23/10/2017
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