Violence à l'égard des femmes : débat du Conseil des droits de l'homme sur le rôle des hommes et des garçons dans la prévention

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Une vue de la Salle des civilisations qui abrite les travaux de la 35e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève (Photo: ONU/J. M. Ferré)

Le Conseil des droits de l'homme a tenu, ce mardi à Genève, une table ronde consacrée au thème: «intensifier les efforts en vue de l'élimination de la violence à l'égard des femmes: engager les hommes et les garçons dans la prévention et la réponse à la violence à l'égard des femmes».  Ouvrant cette journée, la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme, Mme Kate Gilmore, a rappelé qu'un tiers des filles et des femmes dans le monde sont victimes de violence au moins une fois dans leur vie.

Selon la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme, cette statistique montre que la violence sexiste contre les femmes et les filles est la violation des droits de l'homme la plus fréquente sur la planète. Pour autant, Kate Gilmore précise qu'il ne s'agit pas seulement de violence physique, mais aussi de la manifestation du pouvoir et de l'intimidation.  La crainte de la violence influence la capacité des femmes à faire des choix, que cela concerne le mariage ou l'emploi. Les femmes et les filles sont les cibles de violences publiques aussi bien que privées, a poursuivi Mme Gilmore.

Or selon la Cheffe adjointe des droits de l'homme, si les normes internationales de droits de l'homme garantissent l'égal exercice des droits pour tous, cette promesse reste à tenir pour des millions de personnes.  En effet, la moitié de la population vit dans l'ombre de la crainte et de la menace.  Toute pratique qui dépend d'une violation de l'intégrité physique ou mentale du plus fort par le plus faible n'est pas une tradition; ce n'est pas une culture qui rendrait cette violation acceptable, a insisté la Haut-Commissaire adjointe.  Exiger la mutilation d'une fillette est indigne et le mariage ne peut pas exiger la seule dignité de l'homme, a-t-elle ajouté.

Pour défendre les droits de l'homme de tous, il faut que les femmes et les filles soient à l'abri de la violence, y compris du mariage forcé, des mutilations génitales et de la maternité obligatoire, a souligné la Haut-Commissaire adjointe.  Pour changer la situation, il faut sortir des schémas classiques, a-t-elle conseillé, ajoutant que la dignité est la condition qui doit prévaloir.  Selon Mme Gilmore, il est temps de revendiquer une place pour les hommes et les garçons dans la lutte pour l'égalité hommes-femmes et contre l'odieuse violence sexiste. A cet égard, ces derniers sont appelés à mieux s'impliquer, en se reposant sur une éducation sexuelle générale.  Il ne peut y avoir de compassion sans justice; une obligation redditionnelle est nécessaire, a conclu la Haut-Commissaire adjointe.

(Extrait sonore : Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme)

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20/10/2017
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