Une lutte efficace contre l'abus et le trafic de drogues passe par la prévention et les traitements, selon l'ONU

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Lutte contre le trafic des drogues (Photo : ONU)

A l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues (26 juin), le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné que la « guerre contre les drogues » est une méthode dont la communauté internationale doit examiner l’efficacité et les répercussions sur les droits de l’homme.

« L’année dernière, à la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le problème mondial de la drogue, la communauté internationale a pris des mesures pour apporter une réponse collective et multidimensionnelle à l’ensemble des problèmes liés à l’abus et au trafic de drogues », a rappelé M. Guterres dans un message publié à l’occasion de la Journée. « Des gouvernements se sont unis en vue d’adopter une nouvelle façon, plus efficace et plus humaine, de traiter le problème, qui ne ferait pas de laissés-pour-compte ».

Le Secrétaire général a souligné que la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le problème mondial des drogues organisée en avril 2016 a constitué un tournant, ses travaux ayant abouti à un plan d’action détaillé et tourné vers l’avenir.

« Ensemble, nous devons honorer les engagements pris à l’unanimité pour réduire l’abus et le trafic de drogues ainsi que les dégâts causés par les drogues, en veillant à ce que notre démarche favorise l’égalité, les droits de l’homme, le développement durable de même que la paix et la sécurité », a-t-il dit.

« Écoutez d’abord »

Créée en 1987 par une résolution de l’Assemblée générale et soutenue chaque année par la communauté internationale, la Journéeinternationale contre l’abus et le trafic de drogues a pour objectif de renforcer la sensibilisation au grand danger que sont les drogues illicites pour notre société.

Cette année, le thème de la Journée est : « Écoutez d’abord ». Écouter les enfants et les jeunes constitue une étape cruciale pour les aider à grandir sainement et en sécurité. Fondée sur des données scientifiques, cette initiative a pour objectif d’accroître l’appui à la prévention de l’usage des drogues ; un investissement efficace pour le bien-être des enfants, des jeunes, de leur famille et de leurs communautés.

« Rechercher des solutions exhaustives et fondées sur l’analyse des faits »

Citant son expérience dans la lutte contre l’abus et le trafic de drogue lorsqu’il dirigea le gouvernement portugais, le chef de l’ONU a plaidé pour une solution fondée sur la prévention et les traitements, considérant qu’ils peuvent donner des résultats positifs.

« Lorsque j’étais le Premier Ministre du Portugal, j’ai tiré parti de la souplesse des trois conventions internationales relatives au contrôle des drogues pour dépénaliser la détention de drogues destinées à la consommation personnelle », a dit M. Guterres, expliquant que sous son gouvernement, des ressources plus importantes ont été allouées à la prévention, aux traitements et aux programmes de réinsertion sociale, ainsi qu’aux mesures de réduction des risques.

« Aujourd’hui, le Portugal affiche l’un des taux de mortalité liée à la toxicomanie les plus bas d’Europe », s’est félicité le Secrétaire général. « En 2001, la prévalence du VIH parmi les usagers de drogues par injection y était la plus importante de la région; depuis l’instauration des nouvelles mesures, ce taux et l’incidence des maladies sexuellement transmissibles ont chuté de façon spectaculaire. Dans l’ensemble, les taux de consommation de drogues ont également baissé ».

Le chef de l’ONU espère que son expérience dans la lutte contre la drogue au Portugal sera utile au débat et encouragera les États membres à continuer de rechercher des « solutions exhaustives et fondées sur l’analyse des faits », soulignant que le suivi de la session extraordinaire de l’Assemblée générale offre un cadre institutionnel qui permettra d’apprendre les uns des autres et de mettre en commun les pratiques exemplaires.

« Malgré les risques et les difficultés liés à la lutte contre le fléau mondial des drogues, je veux croire que nous sommes sur la bonne voie et qu’ensemble, nous pouvons nous attaquer au problème de façon coordonnée, équilibrée et exhaustive et trouver ainsi des solutions durables », a déclaré M. Guterres.

« Telle serait la meilleure façon de donner suite aux recommandations formulées lors de la session extraordinaire de l’Assemblée générale et d’améliorer la vie de millions de personnes partout dans le monde », a-t-il conclu.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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