Syrie : la polio réapparait à Deir Ezzor

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Des équipes de l’OMS lors d’une campagne de vaccination contre la polio en Syrie (Photo d’archives: OMS).

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé ce 9 juin avoir enregistré trois nouveaux cas d'une forme de polio dans l'Est de la Syrie. La souche du virus a été isolée de deux cas de paralysie flasque aiguë (5 mars et 6 mai dernier) et d'un contact asymptomatique (date de collecte le 25 avril 2017).

Dans le cadre de la surveillance de la poliomyélite, un foyer épidémique de paralysie flasque lié au poliovirus dérivé de la souche vaccinale de type 2 (PVDVc2) a été confirmé dans le gouvernorat Deir Ezzor, dans l'est du pays, zone contrôlée par l'État Islamique. C'est la première fois que des cas de polio sont recensés en Syrie depuis l'épidémie qui avait frappé la province de Deir Ezzor en 2013-2014, a confirmé un porte-parole de l'OMS, Oliver Rosenbauer, lors d'un point de presse ce vendredi à Genève.

Le virus qui vient d'être détecté dans cette province est génétiquement lié à une souche vaccinale (cVDPV2) et est donc différent de la polio dite sauvage apparue dans la même région en 2013, qui avait poussé à la vaccination de millions d'enfants au Moyen Orient. L'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite, dont l'OMS est partenaire affirme que les poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 2 circulants sont des formes extrêmement rares de poliovirus, mutés de souches dans le vaccin oral antipoliomyélitique (VPO) qui peuvent émerger dans des populations insuffisamment immunisées.

En effet, le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) contient une forme atténuée du poliovirus. Quand le vaccin est administré, la souche vaccinale affaiblie se réplique dans l'intestin. Pendant ce temps, la souche vaccinale est excrétée. Dans les zones où l'assainissement est insuffisant et où l'immunité des populations est très faible, ces virus vaccinaux excrétés peuvent alors se propager dans la communauté locale. Dans de très rares cas, le virus acquiert, par mutation, la capacité de provoquer une paralysie, selon l'OMS. D'après l'Agence onusienne basée à Genève, une première analyse de la situation a permis de constater « un faible taux général d'immunité des populations dans la région mais des niveaux solides de surveillance de la maladie ». Selon elle, « les activités de surveillance et d'immunisation sont également renforcées dans les pays voisins ».

En 2013, l'Organisation mondiale de la santé avait publié un rapport signalant une épidémie provoquée par le poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) avec 36 cas signalés en Syrie dont 12 cas dans les zones de conflit d'Alep, Edleb et Deir Ezzor.

(Interview : Oliver Rosenbauer, porte-parole de l'OMS à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/10/2017
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