Réduire les écarts : l’importance des investissements en faveur des enfants les plus pauvres

Écouter /

En 2010, alors qu'étaient évalués à l'échelle mondiale les progrès vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de 2015, et notamment l'OMD 4 visant à réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, des données ventilées ont fait état d'une situation inquiétante1 : si, en effet, au niveau mondial, le taux de mortalité infantile avait enregistré un recul, dans certains pays, il avait diminué plus rapidement chez les groupes plus aisés que chez les pauvres et ce, même dans des pays affichant une amélioration générale.

Ainsi, les enfants les plus défavorisés, à savoir ceux qui courent le plus grand risque de mourir avant leur cinquième anniversaire, avaient été laissés de côté.Les investissements permettant d'élargir l'accès des groupes de population pauvres aux interventions à fort impact en matière de santé et de nutrition ont permis de sauver deux fois plus de vies que des investissements comparables en faveur de groupes de population non pauvres. C’est ce qu’annonce l’UNICEF dans un nouveau rapport intitulé ”Réduire les écarts : l’importance des investissements en faveur des enfants les plus pauvres.”

L'accès des populations les plus démunies aux interventions à fort impact sur la santé et la nutrition s'est amélioré rapidement au cours des dernières années, permettant ainsi la réalisation de nettes avancées en matière d'équité.

Ainsi, pendant la période étudiée, la baisse absolue des taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans associés à l'amélioration du taux de couverture des interventions a été trois fois plus rapide au sein des groupes pauvres que parmi les groupes non pauvres.

Du fait d'un taux de natalité plus élevé dans les populations pauvres, la diminution du taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans s'est traduite par un nombre de vies sauvées 4,2 fois supérieur par million de personnes. En effet, sur la dernière année de l'étude, près de 85 % du 1,1 million de vies sauvées dans les 51 pays étudiés appartenaient à des groupes de population pauvres.

Renforcer les politiques et les investissements visant à réduire les inégalités, tout en surveillant les écarts en matière de couverture des interventions peut aider les pays à atteindre les cibles de l'objectif de développement durable en matière de mortalité des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans (ODD 3.2).

Une approche axée sur la réduction des inégalités en matière de survie des enfants peut également aider à rompre le cycle intergénérationnel de la pauvreté. Lorsque des enfants sont en bonne santé, ils sont plus aptes à apprendre à l'école et à mieux gagner leur vie une fois adultes.

(Interview: Geneviève Begkoyian, conseillère sur la santé à l’UNICEF; propos recueillis par Florence Westergard)

 

Classé sous Dossiers, L'info, Le Journal.
LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...