RDC: Zeid appelle à une enquête internationale sur les abus aux Kasaï

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Des réfugiés congolais originaires des Kasai au poste-frontière de Chissanda, dans la province angolaise de Lunda Norte (photo : HCR / Pumla Rulashe).

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein a appelé vendredi le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à établir une enquête internationale sur les violations graves des droits de l'homme survenues dans les provinces du Kasaï Central et du Kasaï Oriental de la République démocratique du Congo (RDC), y compris sur l'existence d'au moins 42 fosses communes.

Au début du mois de mai, le Haut-Commissaire Zeid avait exhorté le Gouvernement de la RDC à prendre une série de mesures pour s'assurer qu'une enquête crédible et transparente, respectant les standards internationaux et avec l'implication du BCNUDH, soit établie avant le 8 juin. Bien que le gouvernement ait demandé un soutien technique et les conseils du Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme en RDC (BCNUDH) et de la MONUSCO, la réponse gouvernementale  est à ce jour est insuffisante, selon le Haut-Commissaire. Ce dernier insiste sur les besoin impérieux de justice pour les victimes, compte tenu de la gravité et de la nature généralisée des violations. « C'est le devoir souverain du Gouvernement de la RDC de mener des enquêtes judicaires sur les violations des droits de l'homme commises sur son territoire et nous continuerons à appuyer le Gouvernement en fournissant des conseils et un soutien technique pour la mise en œuvre de ses obligations », a déclaré le Haut-Commissaire Zeid.

« Cependant, les actes odieux commis dans les Kasaï semblent être d'une telle gravité, qu'ils doivent interpeller la communauté internationale, et en particulier le Conseil des droits de l'homme », a averti le patron des droits de l'homme de l'ONU. Selon le Haut-Commissaire, « l'ampleur et la nature de ces violations et abus des droits de l'homme et les réponses systématiquement insuffisantes des autorités nationales nous obligent à demander une enquête internationale pour compléter les efforts nationaux ». « Nous avons un devoir envers les victimes et l'obligation d'envoyer un message aux auteurs de ces crimes que nous observons cela de près et que la communauté internationale s'engage pour mettre un terme à l'impunité endémique en RDC », fait remarquer le Chef des droits de l'homme de l'ONU.

Le BCNUDH souligne qu'il continue de recevoir des allégations de violations graves des droits de l'homme, mais les contraintes de sécurité ont entravé la poursuite des enquêtes. Et depuis août 2016, environ 1,3 million de personnes originaires des Kasaï ont été déplacées suite aux violences, alors que quelque 30 000 réfugiés ont fui vers l'Angola. Le BCNUDH a documenté 42 fosses communes, mais il est possible qu'il en existe d'autres. Selon les informations recueillies par les équipes du BCNUDH, des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient creusé plusieurs tombes après des affrontements avec des éléments présumés de la milice de Kamuina Nsapu au cours des derniers mois. Des cas d'exécutions sommaires et d'autres meurtres – y compris d'enfants – ainsi que des allégations de violence sexuelle ont été documentés depuis août 2016.

La région du Kasaï est secouée depuis septembre par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août 2016 lors d'une opération militaire après s'être révolté contre les autorités de Kinshasa. « Bien qu'un certain nombre d'enquêtes nationales aient été lancées sur les crimes allégués commis par Kamuina Nsapu, le gouvernement n'a pas mené d'enquêtes significatives sur la conduite de la FARDC et de la Police nationale congolaise », rappellent les services du Haut-Commissaire Zeid.

(Extrait sonore : Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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