La lutte contre le crime organisé nécessite une volonté politique renouvelée, selon l'ONU

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Le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov (archives). Photo ONU/Manuel Elias

A l’occasion d’une réunion de l'ONU marquant le 25ème anniversaire de l’assassinat d’un juge italien qui a consacré sa vie à la lutte contre la mafia, un haut responsable des Nations Unies a souligné lundi la nécessité pour la communauté internationale de renouveler son engagement à lutter contre les formes évolutives et émergentes du crime organisé.

« Les criminels exploitent les inégalités et les vulnérabilités, et profitent des lacunes dans le développement et l’application de la loi », a déclaré Yury Fedotov, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), lors de cette réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en souvenir de Giovanni Falcone, le juge italien tué par une bombe posée en bordure de route par la mafia en 1992.

« Mais il n’y a rien d’inévitable ou d’invincible s’agissant du crime organisé transnational. Nous devons impliquer toutes nos institutions si nous souhaitons vaincre les criminels et protéger les sans défense », a-t-il ajouté.

L’assassinat de M. Falcone a galvanisé les efforts de la communauté internationale à cet égard et a conduit à l’adoption de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, appelée aussi Convention de Palerme, entrée en vigueur en décembre 2003 et qui compte aujourd’hui 187 États parties.

« Un quart de siècle après son assassinat, nous avons besoin plus que jamais d’un engagement renouvelé et d’un objectif commun pour lutter contre les formes évolutives et émergentes du crime organisé », a déclaré M. Fedotov, notant que ces efforts comprennent le renforcement des capacités, l’investissement dans les ressources et la création et le renforcement d’institutions transparentes et responsables.

De plus, il faut investir dans la prévention et l’éducation, et impliquer les jeunes et la société civile, a-t-il dit.

Pour sa part, le Président de l’Assemblée générale, Peter Thomson, a déclaré que, dans les années qui ont suivi l’adoption de la Convention de Palerme, l’Assemblée générale a adopté une série de résolutions qui ont complété les outils pour la prévention de la criminalité et la justice pénale.

Mais, selon lui, les groupes criminels ont rapidement adopté de nouvelles techniques sophistiquées qui ont changé le monde et il est impératif de continuer à s’appuyer sur l’héritage du juge Falcone en explorant des options pour renforcer les cadres juridiques existants, en particulier à la lumière des actes de terrorisme perpétrés à travers le monde.

(Audio : Mise en perspective par Jérôme Longué)

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15/12/2017
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