Iraq : l'ONU préoccupée par les menaces d'évictions forcées de civils à Mossoul

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Deux hommes portent des enfants malades et blessés à travers les ruines de la vieille ville de Mossoul pour les mettre en sécurité, le 24 juin 2017 (photo: HCR/Cengiz Yar)

L'ONU s'est inquiétée vendredi des menaces croissantes, notamment d'évictions forcées, contre des civils à Mossoul soupçonnés de liens avec le groupe djihadiste Etat islamique (EI) que les forces irakiennes combattent pour reprendre la ville. « Alors que Mossoul est progressivement libérée d'Isis, nous assistons à une augmentation inquiétante des menaces, en particulier d'évictions forcées, contre ceux soupçonnés d'être membres d'Isis ou dont les proches sont présumés être impliqués avec Daech », a déclaré le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, lors d'un point de presse ce vendredi à Genève. Selon Rupert Colville, des centaines de familles ont été menacées de déplacement forcé et de tels développements sont extrêmement inquiétants.

Les services du Haut-Commissaire Zeid ont ainsi reçu des informations évoquant des courriers « dits lettres nocturnes, laissées dans les maisons des familles ou distribuées dans les quartiers » et avertissant les gens de partir à une date donnée sous peine d'expulsion forcée. Ces menaces sont fréquemment liées selon lui à des accords tribaux réclamant l'exclusion dans certaines zones de toute famille liée à l'EI. « Les gens courent un risque réel d'éviction forcée de leurs maisons et de perdre l'accès au strict nécessaire y compris un logement adéquat, de la nourriture, l'accès aux services de santé et à l'éducation », a-t-il poursuivi.

« Les évictions forcées illégales et les déplacements de force peuvent équivaloir à une punition collective et contreviennent clairement à la Constitution irakienne, aux droits de l'homme et aux lois humanitaires internationales », a-t-il fait remarquer tout en avertissant que « la responsabilité d'un crime est strictement personnelle et concerne l'individu impliqué dans la commission du crime dont il ou elle a été reconnu coupable par une cour de justice ».

Dans ces conditions, l'ONU appelle le gouvernement iraquien à agir pour mettre fin à de telles évictions imminentes ou à tout type de punition collective. « Les évictions forcées illégales constituent des actes de vengeance qui nuisent à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale », a conclu le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme.

(Extrait sonore : Liz Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/10/2017
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