Crise du Golfe : le chef des droits de l'homme de l'ONU préoccupé par l'impact de la crise diplomatique

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Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, s’est dit mercredi inquiet du possible impact négatif sur les droits humains de nombreuses personnes à la suite de la décision prise par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte et Bahreïn de rompre leurs liens diplomatiques et économiques avec le Qatar.

Selon le Haut-Commissaire, les mesures adoptées sont très larges et ont le potentiel de perturber gravement la vie de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, tout simplement parce qu’ils appartiennent à l’une des nationalités impliquées dans ce conflit.

« L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont émis des directives pour répondre aux besoins humanitaires des familles à la double nationalité, mais il semble que ces mesures ne soient pas suffisamment efficaces pour répondre à tous les cas », a-t-il souligné dans un communiqué de presse.

Selon des informations reçues par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), des individus ont déjà reçu l’ordre de quitter le pays dans lequel ils résident ou ont reçu l’ordre de rentrer chez eux par leur propre gouvernement. Parmi ceux susceptibles d’être gravement touchés sont les couples dans des mariages mixtes et leurs enfants, les personnes ayant un emploi ou des entreprises basées dans des États autres que celui de leur nationalité, et les étudiants qui étudient dans un autre pays.

« Je suis également extrêmement troublé d’apprendre que les Émirats arabes unis et Bahreïn menacent de prison et d’amendes les gens qui expriment leur sympathie pour le Qatar ou s”opposent aux mesures de leurs propres gouvernements, ce qui serait une violation flagrante du droit à la liberté d’expression », a ajouté le Haut-Commissaire.

« Je demande à tous les États concernés de résoudre ce conflit le plus rapidement possible par le dialogue, d’éviter toute action qui pourrait avoir une incidence sur le bien-être, la santé, l’emploi et l’intégrité de leurs habitants, et de respecter leurs obligations en vertu du droit international des droits humains », a-t-il conclu.

(Extrait sonore : Elizabeth Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme à Genève ; propos recueillis par Laetitia Kouassi)

 

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13/12/2017
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