Conseil des droits de l'homme : l'OMS insiste sur la responsabilité des Etats en matière de santé

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Dr Margaret Chan, Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé lors de la 69e Assemblée mondiale de la Santé à Genève (Photo d’archives: OMS).

Le Conseil des droits de l'homme a poursuivi, ce jeudi à Genève, les travaux de sa 35e session en organisant une Réunion-débat sur le renforcement des capacités en matière de santé publique. La Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a insisté sur la responsabilité des États en matière de fourniture de services de santé à leur population. « Celle-ci ne peut se faire que si les capacités existent », a déclaré Dr Margaret Chan. Parmi ces capacités, figurent les services de santé, les personnels et leur formation, mais aussi la disponibilité des données.

Ce débat a été aussi l'occasion pour la Cheffe de l'OMS pour faire une radioscopie de la situation sanitaire mondiale qui marquée, selon elle, « par des extrêmes ». D'un côté, plus de 800 millions de personnes souffrent de faim chronique, tandis que dans certains pays, plus de 70% des adultes sont obèses ou en situation d'obésité. Il y aussi des zones où le prix des médicaments génériques a tellement baissé que les industries pharmaceutiques s'en sont retirées, créant des fluctuations dans la disponibilité des médicaments, a indiqué Mme Chan.

Il y a aussi un monde où le prix des nouveau médicaments, traitant de maladies chroniques est tellement élevés que personne ne peut se l'offrir, pas même dans les pays riches. Dans certains pays d'Amérique du Sud, par exemple, le coût de traitement pour le cancer du sein équivaut à deux fois le revenu annuel moyen, a-t-elle illustré. Par ailleurs, et en dépit des progrès récents, presque six millions d'enfants sont morts avant l'âge de 5 ans en 2015. Deux milliards de personnes n'ont pas d'accès aux médicaments, a ajouté Mme Chan, avant de se féliciter des progrès faits dans le cadre de la couverture sanitaire universelle.

De son côté, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme a ensuite fait observer que jamais auparavant la jouissance du droit à la santé n'a été aussi urgente compte tenu de la discrimination, des abus et de la violence à l'égard des femmes, des enfants et des adolescents, qui érodent la santé physique et mentale. Kate Gilmore a ainsi évoqué les taux sans précédent d'urbanisation non planifiée, l'instabilité climatique, la dégradation de l'environnement et la pollution, qui font planer de nouveaux dangers, ainsi que les taux encore trop élevés de grossesses non désirées et de mortalité maternelle.

Face à ces disparités répertoriées  au cours des débats du Conseil, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme, a indiqué qu'au regard du droit international, les États sont légalement tenus de réaliser le droit à la santé, condition préalable à la jouissance de tous les autres droits de l'homme comme celui à la vie, à l'éducation, à l'information, à la participation et à tirer profit des avancées scientifiques et de leurs applications. S'interrogeant sur la manière dont pourrait concrètement être réalisé le droit à la santé, Mme Gilmore a souligné qu'il fallait partir du principe qu'il ne s'agit pas d'un droit isolé mais, au contraire, d'un droit indissociable des autres droits.

(Extrait sonore : Margaret Chan, Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé)

Classé sous Droits de l'homme, L'info, Santé.
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20/10/2017
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