Choléra au Yémen : plus de 100.000 cas suspects et 791 morts

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Un médecin osculte une jeune fille souffrant du choléra à l'hôpital Al Sab'een à Sanaa, au Yémen. Photo UNICEF/Fuad

Ravagé par la guerre, le Yémen fait face à une épidémie de choléra sans précédent. La maladie qui sévit dans dix-neuf gouvernorats yéménites depuis la fin du mois d'avril 2017, a déjà fait 791 morts et plus de 101.820 cas suspects, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le précédent bilan de l'agence onusienne publié mardi faisait état de 681 personnes décédées depuis le début de l'épidémie et plus de 86.000 cas présumés enregistrés entre le 27 avril et le 4 juin. L'épidémie a commencé en octobre 2016 avant de se propager en décembre puis de diminuer en intensité, mais elle n'a jamais été entièrement sous contrôle. En avril, elle a connu une recrudescence.

Le nombre de cas pourrait atteindre les 300.000 dans les six prochains mois et le prix à payer en termes de vies humaines « sera extrêmement élevé », avait prévenu le mois dernier le Représentant au Yémen de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Nevlo Zagaria.

Dans cette course contre la montre face à l'épidémie de choléra, le combat « ne sera pas gagné facilement », avertissent l'Organisation mondiale de la santé et l'UNICEF dans un communiqué conjoint. En effet, cette épidémie de choléra intervient dans un contexte où le système de soins médicaux du pays est sur le point de s'effondrer. La plupart des hôpitaux ne fonctionnent pas et ceux qui fonctionnent opèrent sans budget, les professionnels n'ayant pas reçu de salaire depuis huit à neuf mois. Les fournitures médicales entrent difficilement dans le pays alors des infrastructures importantes ont été endommagées. Les conflits et les déplacements massifs de population ont en effet laissé au moins 14,5 millions de personnes sans eau potable, assainissement et hygiène de base, tout en causant des dommages aux réseaux d'adduction d'eau.

« L'épidémie de choléra rend encore plus préoccupante le sort des enfants qui vivent déjà dans une mauvaise situation. Beaucoup d'enfants qui sont morts de la maladie ont également souffert de malnutrition aigüe », a déclaré le Dr Meritxell Relano, Représentant de l'UNICEF au Yémen. « Aujourd'hui, la vie pour les enfants au Yémen est une lutte désespérée pour la survie, avec le choléra, la malnutrition et la violence implacable qui résonnent constamment comme un glas à leurs portes », a-t-elle ajoutée.

Face à cette situation, l'UNICEF, l'OMS, avec leurs partenaires, sont sur le pied de guerre pour répondre à cette dernière épidémie. Près de 3,5 millions de personnes à travers le pays ont été atteintes par le biais de programmes de désinfection de l'eau, avec la chloration de l'eau potable ou en réhabilitant les stations d'épuration des eaux mais aussi des systèmes d'approvisionnement en eau. Des kits d'hygiène (savons et poudres de lessives) sont également distribués aux familles.

(Extrait sonore : Fadela Chaib, porte-parole de l'OMS ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/10/2017
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