Afrique : légère baisse (-3 %) de l'investissement étranger direct en 2016, selon un rapport de l'ONU

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Photo : CNUCED

Les flux d'investissement étranger direct (IED) à destination de l'Afrique ont continué de reculer en 2016 pour s'établir à 59 milliards de dollars américain (-3 %), selon le Rapport sur l'investissement dans le monde 2017 de la CNUCED. Ces flux demeurent toutefois inégalement répartis, puisque cinq pays (Angola, Égypte, Éthiopie, Ghana et Nigéria) totalisent à eux seuls plus de la moitié (57 %) des IED.

Si les principaux investisseurs en Afrique restent les multinationales des pays développés, les investisseurs des pays en développement (tels que l'Afrique du Sud, la Chine et l'Inde) sont de plus en plus actifs. Selon cette Agence onusienne basée à Genève, les flux d'IED à destination de l'Afrique devraient progresser en 2017 pour atteindre environ 65 milliards de dollars compte tenu de la hausse contenue des prix du pétrole et d'une amélioration possible de l'IED hors pétrole. « L'intégration régionale croissante devrait aider l'Afrique à se faire davantage de place dans la concurrence mondiale, et à susciter des flux plus importants d'IED », fait remarquer la CNUCED.

Une analyse des données au niveau régional montre une hausse de 11 % à 14,5 milliards de dollars en Afrique du Nord, avec comme locomotive l'Egypte. Le rapport note que la vigueur de l'IED en Égypte a continué de tirer vers le haut les flux à destination de cette partie septentrionale du continent. En effet, les flux à destination de l'Égypte, en hausse de 17 % à 8,1 milliards de dollars, ont surtout été stimulés par la découverte de réserves de gaz par des entreprises étrangères.

En Afrique subsaharienne, l'IED dans cette région a diminué de 7 %, à 45 milliards de dollars, l'intérêt des investisseurs pour l'Afrique sub-saharienne ayant faibli avec la stagnation des prix des produits de base. Les flux d'IED à destination de l'Afrique centrale ont baissé de 15 % en 2016 pour s'établir à 5,1 milliards de dollars. En République démocratique du Congo par exemple, la chute des investissements (-28 % à 1,2 milliard de dollars) n'a épargné que le secteur minier.

De son côté, l'Afrique de l'Est a reçu 7,1 milliards de dollars d'IED en 2016, soit une hausse de 13 % par rapport à 2015. Sous l'effet des investissements dans les infrastructures et le secteur manufacturier, les flux à destination de l'Éthiopie ont augmenté de 46 % pour s'établir à 3,2 milliards de dollars.

Les flux d'IED à destination de l'Afrique de l'Ouest ont augmenté de 12 % pour atteindre 11,4 milliards de dollars en 2016, notamment grâce à une embellie des niveaux d'investissement au Nigéria, bien que les flux soient restés bien en deçà de leurs niveaux record. Les entrées d'IED au Ghana, stimulées à la fois par des projets de transformation du cacao et de traitement d'hydrocarbures, ont progressé de 9 % pour s'établir à 3,5 milliards de dollars.

Enfin en Afrique australe, l'IED a baissé dans huit des dix pays de la sous-région pour s'établir à 21,2 milliards de dollars, en baisse de 18 %. En Angola, l'IED a reculé de 11 % pour s'établir à 14,4 milliards de dollars en raison d'un moindre réinvestissement des bénéfices. L'Afrique du Sud, la locomotive économique du continent, est restée à la traîne avec un piètre volume de flux de 2,3 milliards de dollars, certes supérieur de 31 % au plus bas enregistré en 2015, mais toujours bien en deçà des moyennes historiques.

(Interview : Alexandre Dabbou, Economiste et Chef du Bureau du Directeur de la Division des investissements à la CNUCED ; propos recueillis par Alpha Diallo).

 

LE DERNIER JOURNAL
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16/10/2017
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