Yémen : pris entre deux conflits, des réfugiés somaliens souhaitent finalement rentrer chez eux

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Barei Dubad Ibrahim, une réfugié somalienne et son fils , au camp de réfugiés de Kharaz au Yémen. Photo: UNHCR/Shabia Mantoo

La poursuite du violent conflit au Yémen et la détérioration de la situation humanitaire ne sont pas sans conséquences aussi bien pour les populations yéménites mais aussi pour les milliers de migrants et de réfugiés qui avaient trouvé refuge dans ce pays. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est ainsi préoccupée du sort de près de 280.000 réfugiés dans le pays. « Une situation qui se dégrade alors que leurs besoins et leurs vulnérabilités augmentent de jour en jour », a déclaré le porte-parole du HCR lors d'un point ce vendredi à Genève.

Babar Baloch a ainsi rappelé que le Yémen demeure à la fois une destination et un lieu de transit pour les réfugiés et les migrants originaires de la corne de l'Afrique et au-delà. Quelque 255 000 réfugiés somaliens forment la plus importante population réfugiée (91%) au Yémen. Ils sont arrivés dans ce pays depuis le début des années 1990.

Mais depuis quelques mois, le conflit au Yémen a continué d'affecter les civils. C'est dans ce contexte que près de 30.600 Somaliens seraient rentrés en Somalie en provenance du Yémen depuis le début de cette guerre. D'autres, en nombre croissant, contactent le HCR pour obtenir de l'aide et recevoir un soutien pour le retour, citant des problèmes de sécurité et un accès limité aux services au Yémen. En 2017, le HCR est venu en aide à 10 000 réfugiés somaliens qui ont choisi de rentrer, selon les informations reçues de la part des Bureaux d'aide au retour sur les conditions en Somalie ainsi que le programme d'assistance au Yémen et en Somalie.

La plupart des réfugiés somaliens enregistrés au Yémen proviennent des régions de Banadir, Lower Shabelle, Bay, Middle Shabelle et Woqooyi Galbeed en Somalie. Au Yémen, la plupart résident dans les gouvernorats d'Aden, de Sanaa et de Lahj où se situe le seul camp de réfugiés du Yémen, le camp de réfugiés de Kharaz.

Le HCR fournit aussi un soutien aux personnes qui choisissent de rentrer par leurs propres moyens. L'assistance du HCR comprend la délivrance de documents d'identité et de voyage, l'aide au transport et le soutien financier au Yémen pour faciliter le voyage, ainsi que l'assistance à l'arrivée en Somalie. Des mesures seront mises en place pour le voyage des personnes ayant des besoins spécifiques. La plupart des réfugiés choisissent de rentrer à Mogadiscio, car l'assistance et les services y sont plus accessibles et disponibles.

Au Yémen, le HCR fournit une protection et assure des services aux réfugiés et aux demandeurs d'asile, notamment en fournissant une aide juridique, en soutenant les programmes d'éducation et de moyens d'existence, en assurant l'accès aux services de santé et psychosociaux et avec un programme d'allocations d'aide en espèce pour les personnes ayant des besoins spécifiques.

L'Agence onusienne rappelle que le Yémen a traditionnellement été très généreux en acceptant les personnes ayant besoin de protection internationale. Par ailleurs, c'est le seul pays de la péninsule arabique qui soit signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et de son Protocole. Toutefois le conflit actuel a limité les capacités du Yémen à fournir une assistance suffisante et une protection appropriée aux réfugiés. Mais après plus de deux ans de guerre, de nombreux réfugiés font face à des difficultés accrues, luttant pour répondre à leurs besoins essentiels, ayant perdu leurs moyens d'existence et ne pouvant plus accéder aux services élémentaires.

 

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du HCR ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
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23/10/2017
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