Yémen : l'ONU vient en aide aux déplacés et alerte sur la détérioration de la situation humanitaire à Taez

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Distribution d'articles de secours du HCR dans le district de Mokha dans le gouvernorat de Taizz au Yémen (Photo : HCR / Adem Shaqiri)

Les hostilités, dans le gouvernorat de Taez, au bord de la mer Rouge et au sud d'Al Hudaydah, ont déjà généré près de 50.000 personnes déplacées depuis début 2017. Ces déplacés s'ajoutent aux trois millions de personnes déjà déracinées depuis le début du conflit au Yémen. Parmi elles, deux millions sont déplacées internes et un million sont rentrées temporairement chez elles des conditions précaires.

Sur le terrain, les équipes du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) ont pu procéder la semaine dernière à des distributions d'urgence dans le district de Mokha, l'une des zones les plus affectées du gouvernorat de Taez, où l'accès humanitaire est difficile en raison des affrontements et des restrictions de mouvement imposés par les parties au conflit. « Le HCR a réussi à accéder à Mokha pour la troisième fois cette année », a précisé William Spindler, le porte-parole du HCR lors d'un point de presse ce mardi à Genève. Près de 6.200 personnes ont ainsi bénéficié de la toute dernière distribution d'articles de secours à Mokha. Un nombre auquel s'ajoutent les 69.857 personnes ayant déjà reçu de l'aide du HCR depuis début 2017 dans cette localité. Par ailleurs, 17.745 personnes ont également reçu de l'aide à Hudaydah depuis le début de l'année.

L'Agence de l'ONU pour les réfugiés a souligné que le gouvernorat de Taez est l'une des zones de tension de ce conflit, ayant généré 27 pour cent des personnes déplacées au Yémen et accueillant également 303.672 personnes déplacées. Beaucoup parmi les personnes qui ont tenté de fuir les hostilités à Taez sont déplacées ailleurs dans ce gouvernorat.

A Mokha, les équipes du HCR ont observé une aggravation des conditions pour les personnes déplacées par le conflit et les communautés locales qui les accueillent. Beaucoup vivent en plein air dans des conditions difficiles et sans abri décent, ni protection, ni assistance matérielle. A Hudaydah, les équipes du HCR sur le terrain ont également observé une forte hausse des besoins humanitaires. Les personnes déplacées vivent désormais dans les rues, certains ayant trouvé abri sur les trottoirs. Des personnes parmi les plus vulnérables, y compris des ménages dirigés par des femmes ou des enfants, se tournent vers des stratégies de survie préjudiciables. Par exemple, la mendicité et le travail des enfants sont désormais répandus à travers tout le gouvernorat.

Par ailleurs, le HCR a lancé une mise en garde le mois dernier sur l'intensification du conflit à Al Hudaydah, qui entraîne des déplacements à grande échelle de plus d'un demi-million de personnes, augmentant encore les besoins et les vulnérabilités dans une zone accueillant déjà des personnes déplacées et où la population profondément affectée par le conflit y souffre de niveaux critiques d'insécurité alimentaire. En attendant, Hudaydah accueille plus de 109 000 personnes déplacées. Mais les civils font part de leurs inquiétudes sur des informations concernant une éventuelle intensification des hostilités dans le gouvernorat, sans savoir où et comment les fuir.

En prévision d'une nouvelle intensification des hostilités, le HCR mène des efforts avec des partenaires humanitaires pour répondre aux déplacements supplémentaires selon différents scénarios. Le HCR prépositionne du matériel de secours pour venir en aide aux personnes affectées. En cas de déplacement anticipé, le HCR aidera à établir des centres de services multisectoriels le long des itinéraires de déplacement majeurs pour offrir un répit aux personnes qui fuient la violence. Le HCR fournira également des équipes de secours mobiles pour distribuer des articles de secours de première nécessité, assurer des services de protection élémentaire et organiser des abris d'urgence dans les lieux de destination finale des personnes déplacées sous forme de matériel d'abri, de bons, d'allocations d'aide financière ou de subventions de trésorerie pour la location de logement, selon les besoins.

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du HCR ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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19/10/2017
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