Somalie : le HCR révise à la hausse ses besoins de financement pour l'aide humanitaire

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Des réfugiés somaliens originaires de Dinsor dans un camp au Kenya (Photo : UNHCR/Brendan Bannon)

Au lendemain de la Conférence internationale sur la Somalie qui s'est tenue hier jeudi à Londres, l'Agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a révisé aujourd'hui ses besoins de financement pour l'aide apportée aux déplacés internes et réfugiés somaliens. Lors d'un point de presse ce vendredi à Genève, le porte-parole du HCR a indiqué que 488 millions de dollars américain sont désormais nécessaires pour continuer à apporter cette année une aide durable aux Somaliens fuyant les violences et la sécheresse. Selon Andrej Mahecic, cette mise à jour tient compte des dépenses supplémentaires de 91 millions de dollars pour les personnes déplacées internes mais aussi les Somaliens qui sont réfugiés en Ethiopie, au Kenya et au Yémen.

En plus d'aider les réfugiés dans la région, l'appel de fonds du HCR vise à couvrir les besoins de quelque 250.000 personnes les plus vulnérables parmi les nouveaux déplacés – y compris ceux qui sont obligés de quitter la Somalie en raison de la sécheresse et de l'insécurité persistante. Ce financement permettrait également à l'Agence onusienne basée à Genève de financer le retour et la réintégration de 50.000 rapatriés du Kenya et 10.000 du Yémen.

En attendant sur le terrain, la Somalie continue d'être confrontée à un nouvel épisode de sécheresse et de se retrouver au bord de la famine. Une situation qui, selon le HCR, conduit à d'importants mouvements de populations. Plus de 683.000 personnes sont déplacées depuis novembre, dont 377.000 d'entre elles l'ont été au premier trimestre 2017. Plus de 126.000  personnes ont ainsi rejoint la capitale Mogadiscio. Quelque 136.000 autres personnes se sont dirigées vers Baïdoa, dans le sud-ouest du pays.

En plus des déplacements internes liés aux conflits et à la famine, certains Somaliens prennent le chemin inverse. Depuis décembre 2013, plus de 60.800 Somaliens qui s'étaient réfugiés au Kenya sont rentrés dans leur pays et 30.600 en provenance du Yémen depuis mars 2015. Parallèlement, un grand nombre de Somaliens continuent à s'exiler dans les pays voisins. Depuis le début de l'année, plus de 4.500 Somaliens fuyant la sécheresse ou l'insécurité ont été enregistrés à Melkadida, en Éthiopie. Environ 75 % des enfants nouvellement arrivés souffrent de malnutrition aiguë.

En Somalie, les organismes humanitaires doivent faire face à d'importants défis dans l'acheminement de l'aide, notamment avec l'insécurité, la capacité des institutions gouvernementales, la restriction de l'accès humanitaire, des moyens de subsistance limités, le manque de services de base et le mauvais état des infrastructures. Or le risque actuel de famine, avec des informations faisant état de décès et de maladies causés par des facteurs liés à la sécheresse, complique encore davantage la vie quotidienne des Somaliens. Plus de 6,2 millions de personnes, la moitié de la population de la Somalie, ont besoin d'aide humanitaire.

Il faut juste rappeler que plus de deux millions de Somaliens ont été déracinés dans le cadre de cette crise prolongée, l'une des plus anciennes de l'histoire. On estime à 1,5 million le nombre de déplacés internes en Somalie auxquels s'ajoutent 900.000 personnes réfugiées – bon nombre d'entre eux maintenant réfugiés de troisième génération — au Kenya (308.700), en Éthiopie (247.000), au Yémen (255.000) et à Djibouti (13.000).

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève).

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12/12/2017
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