Santé : propagation lente mais catastrophique des maladies non transmissibles comme le diabète ou le cancer

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Prise de tension artérielle d’une patiente par son médecin familial en Bosnie Herzegovine (Photo: Olja Latinovic/Banque Mondiale).

L'augmentation des maladies non transmissibles est un défi majeur pour les fondements même de notre santé publique. Tel est le bilan que fait l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui en train de passer en revue présentement une décennie d'actions et de défis de santé publique. L'agence onusienne basée à Genève rappelle que les maladies cardiaques, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, qui sont principalement liées aux sociétés prospères, constituent désormais des fléaux mondiaux. Les pauvres sont les plus touchés. Les maladies non transmissibles (MNT) tuent chaque année plus de 40 millions de personnes, ce qui représente 70% des décès dans le monde.

 

Si les maladies non transmissibles (MNT) tuent chaque année plus de 40 millions de personnes dans le monde, 17 millions des décès attribués à ces MNT surviennent avant l'âge de 70 ans et 87% de ces décès «prématurés» surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les maladies cardiovasculaires sont responsables du plus grand nombre des décès dus aux maladies non transmissibles, 17,7 millions par an, suivies des cancers (8,8 millions), des maladies respiratoires (3,9 millions) et du diabète (1,6 million). L'OMS impute à ces 4 groupes d'affection 81% des décès dus aux maladies non transmissibles. Le tabagisme, la sédentarité, l'usage nocif de l'alcool et une mauvaise alimentation augmentent le risque de mourir d'une maladie non transmissible.

Les maladies non transmissibles (MNT), également appelées maladies chroniques, ne se transmettent pas d'une personne à l'autre. Elles sont de longue durée et évoluent en général lentement. Néanmoins, les décès prématurés dus aux MNT peuvent être évités grâce à des changements d'orientation politique et des mesures dynamiques, pas uniquement dans le domaine de la santé mais également dans d'autres secteurs. « Ces facteurs échappent à la compétence du secteur de santé, ce qui signifie qu'une prévention efficace dépend de la collaboration à tous les échelons du gouvernement et sur l'ensemble de la société », fait remarquer l'OMS qui souligne par ailleurs que la détection, le dépistage et le traitement des maladies non transmissibles, de même que les soins palliatifs, sont des éléments essentiels de la riposte contre ces maladies.

Le Programme de développement durable à l'horizon 2030 reconnaît les maladies non transmissibles comme un défi majeur pour le développement durable. Après les sessions de 2011 et 2014, l'Assemblée générale des Nations Unies convoquera une troisième réunion de haut niveau sur ce sujet en 2018 pour examiner les progrès accomplis et établir un consensus sur la voie à suivre de 2018 à 2030. Et pour aider les pays dans leurs efforts nationaux, l'OMS a élaboré un Plan d'action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013–2020, comportant 9 cibles mondiales ayant le plus fort impact sur la mortalité mondiale due à ces maladies. Ces cibles portent sur la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles.

(Interview : Dr Etienne Krug, Directeur à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) du Département Maladies non transmissibles, handicap, prévention de la violence et du traumatisme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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