Réduction des risques de catastrophe: Amina Mohammed appelle à sa réduction d’une façon efficace

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Amina J. Mohammed, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, lors de la Plateforme globale pour la réduction des risques de catastrophes à Cancun, au Mexique, le 24 mai 2017. Photo : UNISDR/Jonahtan Fowler

La Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe a débuté jeudi dans la ville de Cancun, au Mexique, où 6.000 délégués de 189 pays participent à une série de réunions de travail pour faire progresser la réduction des risques de catastrophe.

Les catastrophes n’ont pas de frontières, a déclaré le Président du Mexique, Enrique Peña Nieto, à l’ouverture de cette première conférence d’ordre mondial depuis l’adoption du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe lors d’une conférence de l’ONU organisée au Japon il y a deux ans.

Présente au lancement de la Plateforme mondiale, la Vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, a déclaré que l’adoption du Cadre de Sendai était « une réalisation remarquable, l’aboutissement de trois années de consultations avec les gouvernements et la société civile dans toutes les régions et les fruits de dix ans de leçons tirés du précédent Cadre d’action de Hyogo ».

Amina Mohammed a souligné que la mortalité pour certains dangers a diminué. La probabilité de méga-catastrophes a considérablement baissé dans de nombreux pays grâce à des institutions plus solides, une législation et des cadres politiques robustes, une meilleure préparation, des systèmes améliorés d’alerte précoce, une meilleure compréhension des risques de catastrophe, un engagement accru avec la société civile et une plus grande responsabilisation.

Cependant, les pertes économiques se sont accrues et ces pertes ne doivent pas perdurer si la communauté internationale veut progresser sur les Objectifs de développement durable (ODD). « Selon une estimation récente, chaque année, les catastrophes coûtent à l’économie mondiale 520 milliards de dollars et font tomber 26 millions de personnes dans la pauvreté », a déploré la Vice-secrétaire générale.

« Le défi consiste à savoir comment nous allons atteindre les ODD si les pertes économiques annuelles résultant de catastrophes peuvent effacer l’intégralité du PIB d’un pays à faible revenu en une nuit et pousser des millions de personnes hors de leurs foyers », a souligné la numéro deux de l’ONU. « Haïti, par exemple, a perdu 120% de son PIB lors du tremblement de terre de 2010 et 32% de son PIB à la suite de l’ouragan Matthew en octobre dernier ».

Amina Mohammed a rappelé que l’Afrique, les Amériques, l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et le Pacifique ont tous convenu et adopté des plans pour mettre en œuvre le cadre de Sendai « en mettant clairement l’accent sur le passage du paradigme de la gestion des catastrophes à celui la gestion des risques de catastrophe ».

La Vice-secrétaire générale a souligné l’importance de progresser sur les objectifs clés du Cadre de Sendai que sont la réduction de la mortalité, la réduction du nombre de personnes touchées par les catastrophes, la réduction des pertes économiques et la réduction des dommages aux infrastructures critiques.

Pour Amina Mohammed, ces stratégies sont essentielles à la réussite globale de Programme de développement durable à l’horizon 2030. Elles permettent des mesures ciblées pour réduire l’exposition et la vulnérabilité aux communautés à faible revenu et une plus grande intégration de l’adaptation aux changements climatiques et la réduction des risques de catastrophe au niveau local et national.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe, Robert Glasser, a déclaré qu’il s’attendait à ce que le caractère multipartite de cette réunion et la possibilité de partager et d’apprendre les uns les autres renforceront l’élan et les efforts pour rendre le monde plus sûr et plus résilient.

« Nous examinerons les défis concernant la mise en place de stratégies nationales et locales pour la réduction des risques de catastrophe d’ici 2020, comme l’appelle le Cadre Sendai », a dit M. Glasser. « Nous examinerons comment nous pouvons tirer parti de meilleures pratiques en matière d’intégration de l’action sur le climat et les risques de catastrophe afin que les efforts de réduction des risques de catastrophe appuient la réalisation globale des Objectifs de développement durable, en particulier les efforts visant à réduire la pauvreté », a-t-il ajouté.

(Extrait sonore: Amina J. Mohammed, Vice-Secrétaire générale de l’ONU)

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20/10/2017
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