RCA : un Casque bleu tué lors d'attaques contre l'ONU et la population civile à Bangassou

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Des Casques bleus de la MINUSCA en patrouille en République centrafricaine (RCA). Photo: MINUSCA

Dans la nuit du 12 au 13 mai, les membres d'une vaste coalition, comprenant des éléments anti-Balaka, ont attaqué des populations civiles, en particulier des Musulmans, dans le quartier Tokoyo à Bangassou, au sud-est de la République centrafricaine (RCA).

Le bureau régional de Bangassou de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a aussi été attaqué pendant la nuit par les membres de cette coalition, selon un communiqué de la MINUSCA.

Ces éléments armés continuent d'attaquer la base de la MINUSCA de manière systématique et délibérée avec des armes lourdes, pour entraver l’action des soldats de la paix en matière  de  protection des populations civiles.

Malgré des tirs nourris contre le bureau de la MINUSCA, les soldats de la paix ont tenté de riposter à l’attaque de Tokoyo pour protéger les civils. Au cours des échanges de tirs, survenus dans la matinée du 13 mai, un casque bleu du contingent marocain a été tué.

Selon les premières informations disponibles, des civils déplacés ont fui vers la mosquée, l'église catholique et l’hôpital de l’ONG Médecins sans Frontières. À ce stade, il est difficile de faire le point de la situation humanitaire à Bangassou. Cependant, des sources crédibles ont confirmé un nombre indéterminé de victimes civiles.

La MINUSCA envoie des renforts à Bangassou pour sécuriser la ville et protéger les civils. La MINUSCA travaille également avec des partenaires humanitaires pour assurer la sécurité des civils déplacés.

La MINUSCA a condamné vigoureusement cette recrudescence de la violence contre ses forces et surtout contre la population civile de Bangassou, une ville qui a été épargnée par les attaques intercommunautaires, même aux pires moments de la crise en République centrafricaine.

La Mission a rappelé que les actes de violence liés à des motifs ethniques ou religieux peuvent constituer des crimes de droit international passible de poursuites par les tribunaux nationaux ou internationaux.

« La MINUSCA fera tout son possible avec les autorités centrafricaines légitimes pour arrêter les auteurs de ces actes horribles. La communauté internationale sera implacable en appréhendant les auteurs de ces crimes et tous leurs commanditaires – j’insiste sur leurs commanditaires – y compris certains instigateurs qui pourraient parrainer ces attaques depuis Bangui », a prévenu le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga.

“Le sang des soldats de la paix et le sang des innocents centrafricains ne sera pas versé en vain dans ce pays », a-t-il ajouté. « La justice, un jour ou l’autre, et plus tôt que tard, mettra la main sur tous les auteurs de ces actes horribles. »

Pour sa part le Commandant de la Force de la MINUSCA, le général Balla Keita  a qualifié l’attaque “d’inacceptable” et de « crime odieux contre l’humanité ».  Il a appelé le Conseil de sécurité à se saisir de cette affaire pour les responsables ne puissent jamais échapper à la justice .

“Je pense que c’est à la communauté internationale de prendre les décisions nécéssaires pour que ces massacres qui se passent dans ce pays soient arrêtés une bonne fois pour toute”, a conclu le général.

(Extraits sonores : Parfait Onanga-Anyanga,Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSCA et le général Balla Keita, Commandant de la Force de la MINUSCA; propos recueillis par GUIRA FM)

 

Extrait sonore du Général Keita, Commandant de la Force de la MINUSCA Écouter /
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23/10/2017
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