Méditerranée centrale : de nouveaux naufrages de migrants au large de la Libye

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Environ 275 réfugiés et migrants attendant de débarquer depuis un remorqueur dans le port de Pozzalo, après avoir été secourus en mer quelques jours avant (photo: HCR/F. Malavolta).

C'est encore un terrible week-end en Méditerranée. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ce ne sont pas moins de 245 personnes qui sont portées disparues après avoir embarqué pour tenter de rejoindre les côtes européennes. Dans le même temps, plus de 6 000 migrants ont pu être sauvés ces derniers jours.

 

Chaque jour ou presque, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale des migrations (OIM) tiennent la chronique des drames en Méditerranée. Et ces dernières 24 heures n'ont pas échappé à la règle. « Nous avons reçu des informations alarmantes concernant les deux tout derniers naufrages en Méditerranée centrale », a déclaré la porte-parole du HCR lors d'un point de presse ce mardi à Genève.

Selon Cécile Pouilly, le premier est survenu vendredi soir, lorsqu'un canot pneumatique a sombré après quelques heures de navigation avec 132 personnes à son bord. Environ 50 d'entre elles ont été secourues et débarquées à Pozzallo (Sicile) dimanche 7 mai. 82 personnes sont portées disparues ou présumées décédées. Le second naufrage a eu lieu au large de la Libye dimanche 7 mai. Selon l'un de nos partenaires, International Medical Corps, une femme et six hommes ont été secourus par les garde-côtes libyens. 163 personnes sont portées disparues ou présumées décédées suite à cette tragédie.

Avec ces deux tragédies, le HCR estime le total des personnes présumées décédées ou portées disparues – lors de tentatives de traversée depuis l'Afrique du Nord vers l'Italie – à plus de 1.300 depuis le début de cette année. A cet égard, le Haut-Commissaire Filippo Grandi avait d'ailleurs révélé dimanche que le taux de mortalité de la route maritime entre la Libye et l'Italie était d'un mort pour 35 passagers. « Comme l'a souligné le chef du HCR Filippo Grandi dimanche, les opérations de secours en mer, y compris par les garde-côtes italiens, en coordination avec Frontex, et par les ONG doivent être une priorité absolue pour tous », a fait remarquer la porte-parole du HCR.

Par ailleurs en 2017, plus de 43.000 migrants et demandeurs d'asile sont déjà arrivés en Italie via l'itinéraire de la Méditerranée centrale. Dimanche dernier, les chiffres communiqués par l'Agence de l'ONU pour les réfugiés faisaient état de 6.600 personnes sauvées par des navires de secours entre vendredi et dimanche. Dans ces conditions, le HCR a une fois de plus appelé les pays européens à ouvrir des routes légales pour les migrants en Afrique, seule manière, selon lui, de leur épargner ce passage risqué en Méditerranée. « Il est également urgent de répondre aux causes profondes qui poussent les gens à partir, et de proposer aux personnes ayant besoin d'une protection internationale des alternatives réalistes à ces traversées dangereuses, et notamment des moyens accessibles et sûrs pour rejoindre l'Europe, qu'il s'agisse de regroupement familial, de relocalisation ou de réinstallation », conclut le HCR.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du HCR à Genève; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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