Le sauvetage des réfugiés et migrants en mer Méditerranée est plus crucial que jamais, selon HCR

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Un bateau surchargé de réfugiés et de migrants qui tentent d'atteindre l'Europe en traversant la mer Méditerranée (archives). Photo HCR/Alfredo D'Amato

Alors que des milliers de personnes ont été secourues en mer Méditerranée ce weekend, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a rappelé que le sauvetage en mer était plus crucial que jamais et a réclamé des efforts supplémentaires pour venir en aide aux réfugiés et migrants.

« Depuis vendredi, nous avons vu plus de 6.000 personnes traverser la Méditerranée pour atteindre l’Italie, ce qui porte le total de cette année à plus de 43.000. Ces arrivées massives et le fait que plus de 1.150 personnes ont disparu ou perdu leur vie en essayant d’atteindre l’Europe depuis le début de l’année montrent que le sauvetage en mer est plus crucial que jamais », a dit M. Grandi dans un communiqué de presse publié dimanche.

La route de la Méditerranée centrale allant de l’Afrique du Nord à l’Italie, qui est la plus fréquemment utilisée par les demandeurs d’asile et les migrants pour rejoindre l’Europe, se révèle particulièrement mortelle. Depuis le début de l’année 2017, une personne sur 35 est décédée en voyageant par la mer depuis la Libye vers l’Italie.

« Sauver des vies doit être la priorité absolue pour tous, compte tenu de l’augmentation récente des arrivées, je demande de nouveau des efforts pour sauver des personnes sur cette route dangereuse », a déclaré Filippo Grandi.

Selon lui, les garde-côtes italiens, en coordination avec Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, et des ONG font un travail remarquable. Ensemble ils ont sauvé des dizaines de milliers de vies. En 2016, les ONG ont sauvé plus de 46.000 personnes en Méditerranée centrale, représentant plus de 26% de toutes les opérations de sauvetage. Cette tendance se poursuit, atteignant 33% depuis le début de l’année.

Selon le HCR, le nombre croissant de passagers à bord des navires utilisés par les trafiquants, avec une moyenne de 100 à 150 personnes à bord, est alarmant et est la raison principale des naufrages. Les risques sont accrus par la mauvaise qualité des embarcations et l’utilisation croissante de bateaux en caoutchouc au lieu de bateaux en bois. En outre, de plus en plus souvent, il n’y a pas de téléphones par satellite sur ces navires, ce qui rend les efforts de sauvetage encore plus difficiles.

« Cela ne peut pas continuer », a déclaré Filippo Grandi. Selon lui, il faut agir avant que les migrants et réfugiés n’entament leur périple dangereux. « Cela nécessite des politiques et mesures coordonnées par les pays européens et d’autres pays donateurs ».

(Mise en perspective: Jérôme Bernard)

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11/12/2017
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