Le chef de l'ONU appelle à agir pour protéger le secteur de la santé en période de conflit

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Le Secrétaire général de l’ONU intervient devant le Conseil de sécurité lors du débat sur la protection du secteur de la santé en période de conflit armé. Photo: ONU/Eskinder Debebe

Intervenant devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé jeudi à prendre des mesures pour protéger les infrastructures de santé et le personnel médical en période de conflit armé.

Il y a an, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2286 (2016) sur la protection du secteur de la santé en période de conflit armé.

Selon le Secrétaire général, cette résolution a créé une lueur d’espoir, mais sur le terrain peu a changé.

« Les attaques contre le personnel et les infrastructures de santé continuent. Personne n’est épargné, a-t-il dit devant les membres du Conseil de sécurité, en citant des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En Syrie, par exemple, plus de 800 personnels médicaux ont été tués depuis le début du conflit. En Afghanistan, ce type d’attaque a doublé en 2016.

« Les parties aux conflits considèrent les hôpitaux et les cliniques comme des cibles plutôt que de les respecter comme des sanctuaires », a déploré António Guterres.

Ces attaques privent des communautés entières de soins de santé et contribuent à la grande crise mondiale du déplacement. En Syrie, les deux tiers du personnel médical spécialisé ont quitté le pays. Au Soudan du Sud, moins de 50% des infrastructures médicales fonctionnent dans les zones affectées par les conflits.

D’après M. Guterres, la résolution 2286 (2016) et les recommandations du Secrétaire général fournissent une plateforme importante pour renforcer le respect des normes du droit humanitaire international. « Il faut maintenant agir pour traduire en actes ces mots », a-t-il exhorté.

Plusieurs États Membres sont en train de revoir leur législation et leurs politiques nationales afin de mieux mettre en œuvre cette résolution. L’ONU, de son côté, améliore la collecte de données et l’OMS distribue des informations sur les attaques qui entravent l’accès aux soins.

Le Secrétaire général a recommandé trois moyens pour améliorer la protection des civils dans les conflits armés.

Tout d’abord, il a appelé tous les États Membres à utiliser leur influence pour assurer le respect du droit international et appuyer les mécanismes de reddition de comptes. Il a aussi demandé à ceux qui sont engagés dans des transferts d’armes à agir de manière responsable.

Ensuite, il a recommandé de renforcer la protection des acteurs humanitaires et des missions médicales. Il faut également traiter comme une priorité la protection des civils dans les opérations de maintien de la paix. À cet égard, le Conseil de sécurité a un rôle central à jouer pour appuyer les principes de Kigali, a-t-il précisé.

Enfin, le Secrétaire général a dit qu’il fallait faire plus pour prévenir les déplacements forcés et trouver des solutions pérennes pour les réfugiés. Selon lui, il faut rétablir l’intégrité du régime de protection des réfugiés. Il convient également de s’attaquer aux causes premières des conflits en investissant dans le développement durable et inclusif, la promotion de tous les droits de l’homme et de l’état de droit, et le renforcement des capacités de médiation.

« Personne ne gagne les guerres d’aujourd’hui, tout le monde les perd », a lancé António Guterres. « Prévenir et mettre fin aux conflits est ma première priorité en tant que Secrétaire général », a-t-il conclu.

(Extrait sonore : António Guterres,  Secrétaire général de l’ONU)

 

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20/10/2017
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