La 4ème Semaine mondiale de l'ONU pour la sécurité routière cible la vitesse excessive

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Circulation routière à Kuala Lumpur, Malaisie. (Photo: Trinn Suwannapha/Banque mondiale)

Dans le cadre de la 4ème Semaine mondiale des Nations Unies pour la sécurité routière et avec la campagne « Sauvez des vies: #Ralentissez », l'ONU et notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS) entendent attirer l’attention sur les dangers de l'excès de vitesse. L'Organisation vient d'ailleurs de lancer un nouveau rapport intitulé «Gestion de la vitesse» indique que la vitesse excessive ou inadaptée contribue à un décès sur trois dus aux accidents de la route dans le monde. Environ 1,25 million de personnes meurent chaque année sur les routes dans le monde. L’agence onusienne prône 22 mesures pour réguler la vitesse afin d’éviter les morts et les blessés sur les routes, mais aussi pour rendre les villes plus viables.

Selon cette étude de l’OMS, en général 40 à 50 % des conducteurs dépassent la vitesse limite autorisée. Décrivant le profil du conducteur à risque, l’OMS note qu’il est généralement un jeune de sexe masculin ayant consommé de l’alcool. Ce dernier a une plus grande probabilité d’être impliqué dans des accidents liés à la vitesse. « Les accidents de la route demeurent la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans. On estime qu’ils coûtent aux pays de 3 à 5 % du PIB et acculent de nombreuses familles à la pauvreté », fait remarquer l’OMS.

Les taux de mortalité sur les routes sont près de trois fois plus faibles en Europe par rapport à l’Afrique. Les pays ayant le mieux réussi à réduire le nombre des tués et des blessés sur les routes ces dernières décennies, parmi lesquels les Pays Bas, le Royaume Uni et la Suède, sont ceux qui ont adopté une approche globale pour régler le problème. Ils ont donné la priorité à la vitesse de sécurité, en tant qu’un des quatre éléments de l’approche du « système sûr », avec la sécurité des routes et des accotements, la sécurité des véhicules et la sécurité des usagers.

A cet égard, le rapport met en avant les exemples dans des pays où les autorités municipales ont grandement contribué à un mouvement croissant, souvent à l’instigation locale, pour transformer les villes et les rendre plus vivables pour tous.

Dans ces recommandations concernant les mesures de gestion de la vitesse, l’OMS demande de construire ou modifier les routes afin d’y intégrer des structures pour modérer la circulation, comme des ronds-points ou des ralentisseurs. L’agence onusienne plaide aussi pour des limitations de vitesse adaptées en fonction de chaque route et surtout de faire respecter les limitations de vitesse au moyen de contrôles manuels ou automatiques. L’OMS insiste l’intégration de technologies dans les voitures neuves, telles que les dispositifs intelligents d’adaptation de la vitesse ou le freinage d’urgence autonome. Un dispositif qui inclut aussi la sensibilisation aux dangers de la vitesse.

(Extrait sonore : Dr Etienne Krug, Directeur à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) du Département Maladies non transmissibles, handicap, prévention de la violence et du traumatisme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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