Journée mondiale des oiseaux migrateurs : Leur avenir est notre avenir

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Oiseaux migrateurs en vol – Grues cendrées © Jussi Mononen

Les Nations Unies ont célébré mercredi la Journée mondiale des oiseaux migrateurs, l’occasion de souligner la nécessité d’une coopération internationale afin de préserver ces oiseaux et leurs habitats pour le bien de l’humanité.

Cette année, le thème de la Journée est « Leur avenir est notre avenir – Respectons la planète, pour les oiseaux migrateurs et pour les hommes ».

«Si les oiseaux sont en bonne état de conservation cela voudra dire que l'on a réussi à conserver une planète qui sera bonne pour les humains. Car on a vu par le passé de très nombreux exemples où lorsque les populations d’oiseaux sont diminuées fortement la santé et l’économie parfois des populations humaines pouvaient s’effondrer», c’est ce qu’a expliqué Jacques Trouvilliez, Secrétaire exécutif de l'AEWA, l'Accord sur les oiseaux d'eau d'afrique-Eurasie.

Cette journée permet donc de mettre en évidence l'interdépendance des peuples et de la nature et plus particulièrement les oiseaux migrateurs.

Lors de leurs longs voyages, les oiseaux migrateurs sont confrontés à de plus en plus de menaces telles que le braconnage, la chasse non durable, la perte d’habitat, l’empoisonnement et le changement climatique. « Les oiseaux migrateurs sont donc nos ambassadeurs et les indicateurs de la direction que nos sociétés vont prendre » a -til ajouté.

Certains de ces oiseaux sont affectés par un déclin sans précédent. En Europe, les populations de tourterelles des bois, en danger critique d’extinction, ont décliné de presque 90% depuis les années 1970 et de plus de 90% en dehors de l’Union européenne entre 1980 et 2014, selon ONU Environnement.

Des millions d’oiseaux migrent chaque année le long de voies de migration mondiales entre les continents, par exemples de zones de reproduction en Europe à des zones d’alimentation plus chaudes en Afrique subsaharienne.

Jacques Trouvilliez explique que «certains oiseaux parcours 500 kilomètres d’autres 14,000 kilomètres en quelques jours quittant l’Artique russe et vont très rapidement gagner le sud de l’Afrique du Sud. Donc ce sont des oiseaux qui font des performances physiques exceptionnelle et ils ont besoin de se reposer, de faire des haltes migratoires..pour se reposer quelques temps, reprendre des forces et continuer leur voyage  ».

Certaines espèces menacées à l’échelle mondiale, telles que le bécasseau de l’Anadyr, utilisent la mer Jaune, un bras de mer de l’océan Pacifique qui sépare la Chine de la péninsule coréenne, comme site d’escale essentiel au cours de leur migration. La mise en valeur des terres et la perte des habitats menacent les zones humides intertidales de la mer Jaune et la migration de 50 millions d’oiseaux d’eau. Ces habitats sont cruciaux pour les oiseaux migrateurs et les pays font de plus en plus de demandes pour avoir des sites critiques inclus dans la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. La Chine, qui a proposé un ensemble de 14 sites dans la mer Jaune, en est un exemple récent.

Selon ONU environnement, des politiques efficaces d’affectation des terres sont nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable et les oiseaux terrestres sont d’excellents indicateurs des changements d’affectation des terres. La protection des oiseaux terrestres et de leurs habitats contribuera à préserver d’autres espèces de la flore et de la faune, sans freiner la croissance économique.

La santé est l’un des autres objectifs du développement humain. Les vautours, une espèce inestimable qui agit comme une police sanitaire, subit un déclin alarmant. L’empoisonnement, ainsi que le commerce pour la médecine traditionnelle, sont responsables de 90% des décès de vautours en Afrique.

(Interview Jacques Trouvilliez, Secrétaire executif de l'AEWA, l'accord sur les oiseaux d'eau d'afrique-Eurasie; propos rec cueillis par Florence Westergard)

 

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13/12/2017
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