Iraq : éliminer Daech ne doit pas faire oublier la réalisation de l'unité et de la stabilité du pays, selon l'ONU

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Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, Jan Kubis, devant le Conseil de sécurité. (archives) Photo ONU/Eskinder Debebe

Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq, Jan Kubis, a assuré lundi, que « les jours de Daech en Iraq sont comptés », saluant le courage des forces de sécurité iraquiennes, notamment les forces de mobilisation populaire, les Peshmerga et les combattants locaux et l’appui de la coalition internationale contre Daech.

Le 22 mars à Washington, M. Kubis avait indiqué que les 68 membres de la coalition internationale contre Daech avaient rappelé l’importance de maintenir une double approche en Iraq, à savoir, d’une part, lutter contre Daech, et d’autre part, renforcer l’unité et la stabilité nationale.

Le Représentant spécial a ainsi salué les initiatives récentes des différentes composantes iraquiennes afin de parvenir à un règlement national historique. La Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) s’engage à les y aider, a-t-il dit, sur la base des prérequis que sont le respect de la Constitution, la lutte contre le sectarisme et la participation égale au processus politique. Les travaux de la MANUI se sont ainsi centrés, a-t-il précisé, sur la participation accrue des jeunes et des femmes au processus politique.

La défaite de Daech doit se solder par un élan pour tenir davantage compte des minorités dans le pays, a par ailleurs déclaré M. Kubis, tout en insistant sur le fait que toutes les minorités déplacées par Daech devaient pouvoir rentrer chez elles dans les zones libérées en toute sécurité. « Le retour des personnes déplacées doit être une priorité pour le Gouvernement iraquien », a-t-il insisté, tout en regrettant les retards constatés sur ce point dans certaines zones libérées de longue date. L’absence de progrès sur la question des retours, a-t-il mis en garde, pourrait « saper la réconciliation nationale ».

M. Kubis a par ailleurs appelé Bagdad et Erbil à s’entendre afin de préparer l’après Daech. Il a ainsi regretté l’absence de dialogue et de progrès concernant certaines questions en suspens susceptibles de créer des tensions entre le gouvernement fédéral et le gouvernement régional du Kurdistan.

Le Représentant spécial a en outre indiqué que les forces armées turques avaient mené des attaques aériennes « sans relâche » sur des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) au mois d’avril dans la zone de Sinjar.

Par ailleurs, le Représentant spécial a estimé que le respect de l’état de droit demeurait limité en Iraq, s’agissant notamment des enlèvements de personnes. Soulignant le lien entre criminalité organisée et terrorisme, M. Kubis qui dirige également la MANUI a salué l’initiative du Premier Ministre iraquien de prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre les enlèvements et toute forme de criminalité organisée.

S’agissant de l’élection parlementaire prévue en 2018, le Représentant spécial s’est inquiété des incertitudes concernant le processus et la loi électorale. Il a appelé à davantage inclure l’ensemble des composantes du pays dans ce processus.

M. Kubis s’est par ailleurs inquiété de la détérioration de la situation des civils dans l’ouest de Mossoul. Il appelé les parties à faire de la protection des civils une priorité.

S’agissant de la question des ressortissants du Koweït et d’États tiers portés disparus ainsi que des biens koweïtiens disparus, notamment les archives nationales, M. Kubis a constaté l’absence de progrès tangibles sur ce dossier.

Il a ainsi appelé le gouvernement iraquien à redoubler d’efforts pour obtenir des informations sur la question des biens koweïtiens pillés, en particulier les archives nationales, qui sont d’une valeur inestimable, et à trouver de nouveaux moyens à cette fin.

(Mise en perspective par Pascal Sim)

 

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20/10/2017
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