Gaza : la crise humanitaire s'aggrave, prévient l'envoyé de l'ONU

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Nickolay Mladenov, le Coordonnateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient intervient devant le Conseil de sécurité via visioconférence, le 26 mai 2017. Photo : ONU/Kim Haughton

Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a prévenu vendredi le Conseil de sécurité que les dynamiques complexes sur le terrain avaient instauré un climat explosif au cours du mois écoulé.

Avec la crise humanitaire qui ne fait que s’aggraver à Gaza, il a craint un nouveau conflit qui aurait des conséquences dévastatrices pour les Palestiniens comme pour les Israéliens.

« Depuis que le Hamas a établi, en mars, un Comité administratif, une institution parallèle chargé de diriger les affaires gouvernementales à Gaza, la lutte politique acharnée entre les Palestiniens a entraîné une détérioration des relations entre le Hamas et le Fatah », a déclaré M. Mladenov devant les membres du Conseil.

Il a rappelé qu’en avril, le gouvernement palestinien a maintenu sa décision de réduire les salaires à près de 60.000 employés su secteur public à Gaza. Il est important, à son avis, que le poids des décisions de réduire les dépenses soit réparti équitablement.

Gaza est également au milieu d’une crise sans précédent, alors que la centrale électrique qui fournit 30% de l’électricité à Gaza a cessé de fonctionner le 16 avril à cause d’un différend entre l’Autorité palestinienne et le Hamas sur l’imposition du carburant.

Étant donné que l’approvisionnement en électricité venant d’Égypte ne fonctionne plus, il ne reste plus que l’électricité israélienne qui fournit 60% des besoins. Mais le gouvernement palestinien a décidé de mettre un plafond à l’achat d’électricité d’Israël, une décision qui entraînera une réduction de 30% de la fourniture d’électricité que Gaza obtient d’Israël, ce qui promet une catastrophe humanitaire.

Actuellement et depuis avril, les Palestiniens de Gaza reçoivent en moyenne quatre heures d’électricité par jour. Ce sont les Palestiniens pauvres, a prévenu M. Mladenov, qui en paieront le prix en perdant l’accès à l’électricité, à l’eau, et aux services de santé et d’assainissement.

M. Mladenov a indiqué que les hôpitaux étaient obligés de reporter certaines opérations chirurgicales et avaient réduit de 80% les services de stérilisation. Depuis la mi-avril, les centrales de désalinisation ne fonctionnent qu’à 15% des capacités et l’eau potable n’est fournie que quelques heures tous les deux à quatre jours. Il a ajouté que 100.000 mètres cubes d’eau usées étaient rejetés dans la mer Méditerranée au quotidien, « une catastrophe environnementale en puissance pour Israël, l’Égypte et Gaza ».

Il a également souligné la hausse des prix alimentaires, à cause de la hausse du coût de l’eau pour l’irrigation, ainsi que le chômage qui touche le secteur manufacturier.

Le Coordonnateur spécial a assuré que l’ONU s’efforce d’atténuer les conséquences humanitaires de cette crise. Ainsi, une opération d’urgence pour livrer des combustibles est en cours, mais les réserves vont s’épuiser dans les jours à venir, a-t-il dit. Il a donc appelé l’Autorité palestinienne, le Hamas et Israël à s’acquitter de leurs responsabilités à l’égard des Gazaouïs.

 

(Extrait sonore : Nickolay Mladenov, Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient)

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11/12/2017
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