Fistule obstétricale : l'ONU appelle à éliminer cette affection qui touche plus de 2 millions de femmes

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L’infirmière Lydia Kasiya parle avec Nachilango Bisolomo, une survivante de la fistule obstétricale, à l’hôpital communautaire Monkey-Bay, Malawi. Photo : UNFPA Malawi/Henry Chimbali

La fistule obstétricale, qui a été largement éliminée dans les pays développés, touche plus de deux millions de femmes et de filles en Asie et en Afrique subsaharienne, a rappelé mardi le chef de l’agence onusienne pour la santé des femmes, qui a réclamé des investissements pour éliminer cette affection.

« Avec un leadership politique fort, ainsi que des investissements et des mesures fortes, nous pouvons mettre fin à ce fléau », a déclaré le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Babatunde Osotimehin, dans un message à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale.

« Rejoignez-nous pour soutenir les femmes et les filles les plus démunies et les plus marginalisées au monde », a-t-il ajouté.

La fistule obstétricale est une lésion grave et dangereuse susceptible de survenir lors d’un accouchement. Il s’agit d’une brèche de la filière pelvi-génitale, c’est-à-dire l’ensemble des structures anatomiques que traverse le fœtus lors de l’accouchement.

L’apparition d’une fistule obstétricale est directement liée à l’une des principales causes de mortalité maternelle : un travail difficile lors de l’accouchement ou l’absence de soins obstétricaux adéquats. Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d’une incontinence permanente, en ressentent de la honte et font l’objet d’une discrimination sociale. Cette affection évitable entraîne également à plus long terme des problèmes médicaux chroniques, tels que des infections cutanées, des troubles rénaux, voire le décès en l’absence de traitement.

De nombreuses femmes atteintes d’une fistule obstétricale vivent souvent pendant des années, voire des décennies, dans cet état car elles n’ont pas les moyens financiers de se faire soigner. Incapables de contrôler l’écoulement de l’urine, elles sont souvent abandonnées par leur époux et leur propre famille, ou bannies de leur communauté. Elles font face à la dépression, à l’isolement social et à une aggravation de la pauvreté.

Ce fut le cas de Nachilango Bisolomo, au Malawi. Elle s’est mariée tôt et est tombée enceinte à l’âge de 18 ans. Après un accouchement long et difficile, son bébé est mort et elle a été affectée par une fistule. Elle a changé son nom de Nasiwelo à Nachilango, ce qui signifie ‘celle qui a été punie’. « Ma vie était un enfer », raconte-t-elle. Des années plus tard, Nachilango Bisolomo a pu faire réparer sa fistule dans une clinique soutenue par l’UNFPA.

L’UNFPA souligne que la fistule obstétricale peut être évitée. Pour cela, il suffirait de repousser l’âge de la première grossesse; de mettre fin aux pratiques traditionnelles préjudiciables; et de permettre aux femmes d’avoir accès en temps voulu à des soins obstétricaux.

D'où le thème retenu pour 2017 : « Espoir, guérison et dignité pour toutes ».

« Espoir, parce que la fistule est une pathologie qui est parfaitement évitable, guérison parce que les techniques chirurgicales sont au point pour faire des réparations de fistules simples et complexes » a précisé Michel Brun, Conseiller technique en santé de la reproduction à l'UNFPA.

En attendant l’élimination de ce fléau, l’UNFPA distribue des fournitures médicales, assure des formations et procure des fonds en faveur de la prévention et du traitement de la fistule et propose des programmes de réinsertion sociale. Elle renforce également les services de santé maternelle et les services obstétricaux d’urgence afin de prévenir l’apparition de cette lésion.

« L'UNFPA joue un rôle important pour dépister ces femmes et ensuite les réinsérer dans leur milieu socio-économique », a souligné Michel Brun.

(Interview : Michel Brun, Conseiller technique en santé de la reproduction au Fonds des Nations Unies pour la population ; propos recueillis par Laetitia Kouassi)

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17/10/2017
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