Centrafrique: la résurgence des violences fait fuir 88.000 personnes

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Des déplacés internes à Bria suite à la dernière vague de violence en RCA (Photo: UNHCR/Cassandra Vinograd).

La résurgence des violences en Centrafrique a fait fuir 88.000 personnes depuis le début du mois, a indiqué mardi à Genève le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Depuis que les combats entre factions rebelles, ainsi que les attaques de miliciens contre les civils, ont repris en mai « plus de 68.000 personnes ont fui leurs maisons en Centrafrique, tandis que près de 20.000 autres ont cherché refuge en République démocratique du Congo (RDC) » au cours des deux dernières semaines.

Au cours d'un point de presse ce mardi à Genève, le porte-parole du HCR, Babar Baloch, a rappelé que les attaques de groupes armés ont provoqué des déplacements dans les préfectures de Bria, Bangassou et de la Basse-Kotto, situées dans l'est de la Centrafrique. Dans la seule ville de Bria, plus de 41.000 personnes ont été déplacées. Selon l'Agence onusienne, les activités des groupes rebelles sur les villes le long de la frontière avec la RDC ainsi que des rumeurs d'attaques possibles poussent les gens à fuir dans les préfectures de Haute Kotto et Mbomou à l'intérieur de la RCA.

Par ailleurs, les Centrafricains continuer d'affluer en RDC en citant la peur d'une nouvelle vague de violence comme la raison de leur quête d'exile. « La plupart des nouveaux arrivants restent près des rivières – Mbomou et Ubang – constituant la frontière entre les deux pays, dans l'espoir de franchir rapidement la frontière une fois que la situation se stabilise », fait remarquer Babar Baloch. Plus de 20.500 Centrafricain ont réussi à franchir la frontière congolaise et se réfugier dans les provinces du Bas Uélé et de l'Ubangi.

Toutefois, le HCR s'est inquiété du sort des demandeurs d'asile vivant dans la petite localité de Ndu, juste en face de la rivière Mbomou. Ces personnes vulnérables sont arrivées avec peu de biens et certains ont été blessés et nécessitent un traitement. Cependant, la zone est si éloignée et enclavée que le HCR a du mal à fournir de l'aide humanitaire par la route. Mais l'Agence onusienne est présentement en train de voir d'autres options pour atteindre Ndu.

Malgré l'insécurité, qui complique fortement le travail des humanitaires, le HCR est parvenu, grâce à une action inter-agences, à faire parvenir de l'aide aux déplacés à Bria. L'organisation indique dans un communiqué avoir chargé une de ses équipes d'évaluer plus précisément l'ampleur des déplacements et les besoins.

Face à cette situation, l'ONU lance un appel urgent pour que les donateurs financent davantage l'appel de fonds pour la Centrafrique, l'un des pays les plus miséreux au monde. Les Nations unies n'ont reçu pour l'instant que 6% des 209,2 millions de dollars (187,4 millions d'euros) demandés.

Selon l'ONU, plus de 500.000 personnes au total sont déplacées en Centrafrique et plus de 120.000 réfugiés centrafricains vivent en RDC.

(Extrait sonore : Djerassem Mbaiorem, porte-parole du HCR à Bangui ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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