Afrique du Sud : le Conseil des droits de l'homme de l'ONU préoccupé par la situation précaire des migrants et réfugiés

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Une vue de la Salle des civilisations qui abrite à Genève les travaux du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (Photo: J. M. Ferré)

Le Groupe de travail sur l'Examen périodique universel (EPU) poursuit les travaux de sa vingt-septième session avec l'examen de l'Afrique du Sud. Et dans le cadre de ce troisième cycle de l'EPU, il a été beaucoup question de migrants et les attaques violentes dont ces derniers ont été victimes notamment en 2008, 2015 et en mars dernier.  De nombreuses délégations ont demandé à Pretoria de mieux lutter contre la xénophobie, la discrimination et la violence contre les migrants et les apatrides. Des violences que les autorités sud-africaines ont fermement condamnées, non sans rappeler le rôle des services d'ordre qui sont intervenus pour mettre fin à ces violences.

 

En février dernier, l'Afrique du Sud avait renoué avec des manifestations ciblant les ressortissants étrangers dans ce pays. Des foules en colère avaient même agressé des immigrés, notamment dans les townships autour de Johannesburg, la capitale sud-africaine. Et lors de l'examen du rapport de l'Afrique du Sud, certaines délégations du Conseil des droits de l'homme ont lié cette dernière flambée par l'insuffisance des réponses apportées suite aux précédentes scènes de violence de 2008 et 2015. Et des Etats membres ont toutefois relevés que durant ces malheureux incidents, des voix se sont aussi élevées aussi bien au niveau gouvernemental que parmi les acteurs de la société civile pour rappeler que les droits humains sont les mêmes pour tous en Afrique du Sud.

Sur cette question des réfugiés, des requérants d'asile et des migrations internationales, l'Afrique du Sud a souligné avoir souscrit à la Convention de 1951 de l'ONU relative au statut des réfugiés. « En effet, nous reconnaissons qu'il est nécessaire d'aider les personnes vulnérables qui se trouvent en danger quel que soit leur nationalité, a fait remarquer Luwellyn Landers, Vice-Ministre des relations internationales et de la coopération de l'Afrique du Sud.  Sur le plan politique, nous sommes habiletés à décider qui peut pénétrer ou non sur notre territoire et dans quelles conditions. C'est un aspect fondamental de notre souveraineté nationale que tous les pays reconnaissent. Les individus qui se rendent dans notre pays, qui y transitent ou qui y résident ont droit à la protection. Le livre blanc sur les migrations internationales, l'administration et la politique doit répondre tant aux problèmes actuels qu'aux défis de demain.  L'objectif du projet de Loi est d'arriver à un équilibre entre les impératifs de développement économique, de la sécurité nationale ainsi que les obligations nationales et constitutionnelles. D'autre part, nous tenons également compte des impératifs qui figurent dans notre Charte pour les droits de l'homme. L'idée étant de vivre dans la paix et l'amitié avec les autres peuples ».

Dans le rapport national qui a été soumis au Conseil des droits de l'homme, l'Afrique du Sud a d'ailleurs admis que « les attaques dont ont fait l'objet par le passé des ressortissants d'autres pays, jusque dernièrement, ont entraîné des pertes humaines et des dégâts matériels ». Maintenant, Pretoria a rappelé que les questions liées à la violence et à la discrimination à l'encontre des étrangers sont traitées par trois grands comités interministériels chargés respectivement de la question des migrations, de la cohésion sociale et de la politique démographique.

Le Gouvernement a élaboré un projet de plan d'action national en matière de lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, en collaboration avec différents acteurs, notamment la société civile. Pretoria a rappelé qu'un nouveau projet de loi sur la prévention et la répression des actes de violence inspirés par la haine et les discours haineux, est en cours de rédaction. Ce projet de loi érige en infraction les actes de violence inspirés par la haine et les discours haineux et vise à mettre en place des mesures de prévention et de répression de ces infractions.

Une façon pour l'Afrique de montrer la façon dont elle entend faire face à ces actes haineux. Car les autorités sud-africaines veulent ainsi offrir de l'Afrique du Sud la vision d'un pays sachant tirer parti des migrations internationales pour son développement. « Le Livre blanc sur les migrations internationales défend l'idée qu'il n'est ni souhaitable ni possible d'arrêter les migrations internationales », précise Pretoria dans le rapport soumis à l'attention du Conseil des droits de l'homme.

Dans tous les cas, des Etats membres du Conseil des droits de l'homme ont recommandé à l'Afrique du Sud de mieux lutter contre la xénophobie, la discrimination et la violence contre les migrants et les apatrides.

Outre la question des migrants, certaines délégations ont demandé à Pretoria  de lutter contre la discrimination envers les femmes et contre les actes de violence sexiste. Des États ont enfin invité à l'Afrique du Sud de poursuivre le dialogue avec la Cour pénale internationale (CPI) et de reconsidérer sa décision de se retirer du Statut de Rome.

(Extrait sonore : Luwellyn Landers, Vice-Ministre des Relations internationales et de la coopération de l'Afrique du Sud)

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23/10/2017
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