Yémen : la catastrophe humanitaire est en grande partie le résultat du blocus, dénonce un expert de l'ONU

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Ahmed, trois ans, reçoit un traitement pour soigner une malnutrition modérée dans un hôpital à Hajjah, au Yémen. Photo: PAM/Abeer Etefa

Le blocus contre le Yémen doit être levé pour permettre l’entrée immédiate de secours pour mettre fin à la catastrophe humanitaire dans laquelle quelques 7 millions de personnes sont confrontés à la famine, a déclaré mercredi le Rapporteur spécial sur l'impact négatif des mesures coercitives, Idriss Jazairy.

Selon l'expert des droits de l’homme et des sanctions internationales, le Yémen est dans une situation “extrêmement fragile”.

« C'est un pays qui habituellement importe 90% de ses besoins de consommation alimentaire, qui importe 85% de ses médicaments et , dans la situation actuelle où un contrôle quelques fois trop pointilleux est imposé à l'arrivée des navires qui transportent ces biens essentiels, et, avec l'interruption des transports aériens qui rend l'expédition par voie aérienne impossible, la population du Yémen se trouve dans une situation quasi désespérée », a expliqué Idriss Jazairy lors d'une entretien avec ONU Info.

Le Rapporteur spécial a précisé qu'il ne s'agit pas de mesures coercitives « volontairement imposées pour empêcher la population du Yémen d'accéder à une aide humanitaire mais il s'agit de mesure qui ont été prises et qui ont pour résultat sur le terrain de priver ces populations de leurs besoins essentiels » a-t-il précisé.

Idriss Jazairy appelle à suspendre ces mesures pour permettre l'acheminement humanitaire de tous les biens qui font l'objet d'une demande intense actuellement.

Le Rapporteur special appelle également à permettre l'installation des grues dans les ports qui ont été détruits par les bombardements, tel le port d'Al Hudaydah.

Aussi le Rapporteur spécial sur l'impact négatif des mesures coercitives a appelé à trouver des solutions politiques à la crise et à éviter que les populations ne soient les victimes « involontaires et peut être sans intention » de cette crise dramatique.

(Extrait : Idriss Jazairy, Rapporteur spécial sur l'impact négatif des mesures coercitives; propos recueillis par Reem Abaza)

 

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19/10/2017
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