Violences en RDC: un million de déplacés aux Kasaï et 11.000 réfugiés congolais en Angola

Écouter /

Une photo d’archives d’un camp de déplacés à Goma, en RDC: situation identique dans les Kasaï (photo: HCR/F. Noy).

L'impact humanitaire des violences dans la région des Kasaï demeure extrêmement préoccupant, avec plus de 62.000 nouveaux déplacés internes rapportés depuis une semaine, portant le nombre total de déplacés à  plus d'un million.  Les conséquences de ces huit mois de violences meurtrières entre une rébellion et les forces de sécurité s'étendent au-delà des Kasaï, avec par exemple plus de 11.000 Congolais ayant fui vers l'Angola depuis le 13 avril dernier.

Les Nations Unies ont annoncé vendredi avoir franchi début avril la barre d'un million de déplacés internes enregistrés dans les Kasaï, au centre de la RDC. Et les affrontements entre milices et Forces armées congolaises (FARDC) ont poussé également plus de 11.000 Congolais à se réfugier vers l'Angola. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, ces déplacés et ces réfugiés fuient essentiellement les accrochages entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes armés ou entre groupes armés qui s'affrontent dans ces zones instables congolaises. Et pour ceux qui s'exilent en Angola, ils continuent d'arriver principalement à Dundo, la capitale du nord-est du pays, la province de Luanda-Norte.

Ces derniers font état d'attaques des groupes de milices, qui visent la police, les militaires et tous les civils suspectés de soutenir ou de représenter le gouvernement. Après avoir fui les zones des combats entre les rebelles et les forces gouvernementales, certains réfugiés arrivent à se cacher dans la forêt pendant plusieurs jours avant de réussir à s'exiler en Angola. Ils arrivent finalement dans des conditions désespérantes, sans accès à l'eau potable, à la nourriture ou des abris.

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés souligne d'ailleurs une situation encore plus désastreuse parmi les enfants d'autant que certains d'entre eux arrivent dans les localités angolaises malnutris et convalescents, souffrant notamment de diarrhée, de fièvre et de paludisme. A cet égard, l'Agence onusienne rappelle que deux enfants sont déjà décédés suite à une malnutrition sévère. Le HCR s'est même dit très préoccupé par le sort d'autres personnes souffrant de niveaux inquiétants d'insécurité alimentaire et de maladies.

Dans tous les cas, pour tous ces nouveaux réfugiés congolais en Angolais qui sont encore terrifiés par les violences et qui craignent encore pour leur vie, ils ont indiqué aux équipes du HCR n'avoir pas pour l'instant aucune intention de rentrer chez eux. Certains parents auraient envoyé leurs enfants à traverser la frontière, pour éviter qu'ils soient recrutés de force par les milices.

Sur le terrain et face à « une situation très précaire et des centres d'accueil surpeuplés par l'ampleur des arrivées » en territoire angolais, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés coordonne actuellement avec les autorités locales et gouvernementales angolaises pour répondre aux besoins de ces réfugiés. L'objectif est d'arriver à trouver des sites d'hébergement appropriés vu que les emplacements frontaliers actuels sont surpeuplés et ne conviennent pas. Le HCR envoie une équipe d'urgence supplémentaire à Dundo dès demain samedi pour soutenir les efforts de secours.

Par ailleurs, le HCR s'est félicité de la réponse du Gouvernement angolais de laisser ses frontières ouvertes pour les réfugiés fuyant les violences dans les Kasaï. « Nous espérons que ce geste de bonne volonté continuera car la situation reste grave dans la région », fait remarquer le HCR qui souligne également l'importance de ne pas renvoyer en RDC toutes les personnes ayant besoin d'une protection internationale.

(Interview : Vannina Maestracci, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
15/12/2017
Loading the player ...