Vingt millions de personnes pourraient mourir de faim dans les six prochains mois, selon la FAO

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Le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva (à droite), début d'avril 2017, a visité certaines des régions les plus touchées par la faim et la pauvreté au Tchad et dans le nord-est du Nigéria. Photo FAO/Pius Utomi Ekpei

Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva, a lancé un cri d’alarme lundi concernant le sort de millions de personnes menacées par la famine dans plusieurs pays.

« Il est urgent d’agir pour sauver les vies des personnes confrontées à une situation de famine dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen », a dit M. Graziano da Silva, à l’ouverture des débats du Conseil de la FAO, à Rome. « Si rien n’est fait, quelque 20 millions de personnes pourraient mourir de faim d’ici les six prochains mois ».

« La famine ne tue pas seulement des gens, elle contribue à l’instabilité sociale et perpétue le cercle vicieux de la pauvreté et de la dépendance à l’aide qui dure déjà depuis plusieurs décennies », a souligné le chef de la FAO devant les membres du Conseil qui pendant une semaine seront informés sur l’ampleur des différentes crises alimentaires, ainsi que sur les mesures à prendre afin de prévenir une catastrophe.

Le Conseil devrait également approuver le Programme de travail et budget de la FAO pour la période 2018-2019. Le budget sera en priorité associé à des domaines dans lesquels la FAO peut arriver aux meilleurs résultats dans les pays membres, en vue de réaliser les Objectifs de développement durable tels que l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets, la production agricole durable, la gestion des pénuries d’eau et le renforcement de la résilience des agriculteurs familiaux pauvres.

L’alimentation et l’agriculture sont essentielles en vue de réaliser le Programme de développement durable et le travail de la FAO devrait contribuer à réaliser 40 cibles sur 15 des 17 objectifs.

Les contributions volontaires plus essentielles que jamais

Le Conseil de la FAO discutera également d’une nouvelle échelle d’évaluation des contributions, qui sont payées annuellement par les pays membres de la FAO. Dans le cadre de cette proposition, la plupart des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) devront payer moins, tandis que les autres pays devront payer plus. Le Directeur général a invité les pays de l’OCDE à accroître leurs contributions, en proposant des contributions volontaires supplémentaires.

« Les contributions volontaires sont d’une importance fondamentale pour la FAO, maintenant plus que jamais », a précisé M. Graziano da Silva. « Depuis ces cinq dernières années, j’ai toujours travaillé à trouver des moyens de faire des économies tout en promouvant plus d’efficacité. J’ai fait tout ce qui était possible, je ne saurais en faire davantage ».

Composé de 49 pays élus, le Conseil de la FAO se réunit entre les sessions de la Conférence afin de fournir des conseils et d’assurer le contrôle des affaires budgétaires et celles liées au programme.

(Extrait sonore : José Graziano da Silva, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ; propos recueillis par la FAO)

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12/12/2017
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