Syrie : réunion d'urgence à Genève du Groupe de travail de l'ONU sur le cessez-le-feu à la demande de Moscou

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Le Médiateur de l’ONU, Staffan de Mistura discutant avec des journalistes lors des discussions intersyriennes à Genève (Photo: ONU/V. Martin).

Le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) va se réunir d'urgence à l'ONU vendredi à la demande de Moscou, après la frappe menée jeudi par les Etats-Unis contre le pouvoir syrien, trois jours après une présumée attaque chimique, a annoncé l'ONU. Par ailleurs, les réactions se poursuivent après le raid aérien ayant frappé cette localité de la province d'Idlib. Pour le Bureau des droits de l'homme de l'homme, si elle est confirmée, l'attaque à l'arme chimique à Khan Shaykun constituerait un crime de guerre.

 

Quelques heures après les raids américains sur des positions du pouvoir de Damas et suite à l'attaque de mardi sur Khan Shaykun, le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) se réunit cet après-midi à Genève. « La réunion, qui sera présidée par l'Envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, a été demandée par la co-présidence russe et acceptée par la co-présidence des Etats-Unis », a indiqué le bureau de M. de Mistura, dans une déclaration écrite.

Un peu plus tôt dans la matinée, les services de l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie avaient indiqué que Staffan de Mistura suivait « de près la situation » après les frappes américaines contre une base aérienne syrienne. « L'envoyé spécial suit de près la situation, y compris à travers les consultations avec des interlocuteurs concernés », a déclaré  la Directrice du Service de l'information de l'Office des Nations Unies à Genève, Alessandra Vellucci lors d'un point de presse ce vendredi au Palais des Nations à Genève.

Par ailleurs, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé « l'attaque absolument ignoble contre Khan Shaykun » qui a, à juste titre, porté une attention mondiale sur la Syrie.  « Si elle était confirmée, l'utilisation d'armes chimiques par toute partie au conflit constituerait un crime de guerre », fait remarquer une porte-parole du Haut-Commissariat.

Toutefois Ravina Shamdasani a rappelé que « malheureusement, l'attaque de Khan Shaykun est loin d'être isolée ». Les services du Haut-Commissaire notent que ces dernières semaines, il y a eu beaucoup d'autres incidents dans diverses régions de la Syrie où des civils ont péri. Idleb et Raqqa font partie à ce jour des gouvernorats qui ont été victimes des bombardements les plus intensifs. En mars seulement, le Bureau des droits de l'homme de l'ONU a répertorié plus de 130 civils tués et 170 autres blessés à Raqqa alors qu'à Idleb, ce sont plus de 100 morts dont le tiers des enfants et plus de 50 civils blessés.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme souligne que la grande majorité de ces décès et blessures sont dus à des raids aériens. D'autres localités n'ont pas été aussi épargnés par cette folie meurtrière. Les 3 et 4 avril dernier, des bombardements aériens ont par exemple tué au moins 42 civils – dont 11 femmes et six enfants – dans le Ghouta oriental, à la périphérie de Damas.

Une façon pour cette Agence onusienne basée à Genève de rappeler le lourd tribut payé par les civils dans ce conflit syrien. Dans ces conditions, les services du Haut-Commissaire Zeid appellent une fois de plus à la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité de l'ONU, à mettre de côté leurs divergences politiques et à veiller à ce que les populations syriennes soient épargnées par la terreur, la mort et la dévastation. Les auteurs de graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire en Syrie devront rendre compte de leurs actes et être traduits en justice.

De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU a condamné l'attaque de Khan Shaykun et plaidé pour une enquête complète.  « La Syrie est une guerre particulièrement violente qui génère des mouvements de populations aussi bien à l'intérieur du pays qu'au-delà de ses frontières, fait remarquer Jens Laerke, porte-parole d'OCHA à Genève. Par ailleurs, nous avons également déclaré dans le contexte des derniers développements de ce début de semaine que la possession et l'utilisation d'armes chimiques sont abominables et contreviennent aux Lois et Traités. Nous condamnons de tels actes. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU note également que les souffrances humaines en Syrie doivent être traitées selon les principes humanitaires. La neutralité est la licence des humanitaires pour opérer sur le terrain. La conférence de Bruxelles et les fonds sont importants pour fournir cette réponse. Enfin, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a indiqué ce matin lors d'un voyage à Helsinki, que nous devons accorder une chance pour une paix négociée aux différentes pistes de dialogue. Selon Stephen O'Brien, le meilleur antidote contre la souffrance reste la paix ». Une façon pour toutes ces agences onusiennes basées à Genève de rappeler l'importance d'une solution à la crise syrienne pour faciliter le travail des humanitaires sur le terrain.

(Extrait sonore : Jens Laerke, porte-parole d'OCHA à Genève)

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08/12/2017
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