Syrie : l'ONU appelle à une trêve de 72h pour fournir de l'aide humanitaire dans la Ghouta

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Des enfants au milieu de ruines à Maarat al-Numaan, dans le gouvernorat d'Idlib. Photo UNICEF/G. Diffidenti

Le Groupe de travail sur l'accès humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie a tenu une réunion ce jeudi 6 avril à Genève. A la fin des travaux qui ont eu lieu au Palais des Nations, le Conseiller Spécial de l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie a appelé jeudi à une « pause » de 72 heures dans les combats dans la région de la Ghouta orientale pour acheminer de l'aide dans cette zone rebelle proche de Damas. « Nous avons besoin de cette pause dans les prochains jours », a déclaré Jan Egeland, qui dirige à l'ONU le groupe de travail sur l'aide humanitaire en Syrie.

 

A l'issue d'une réunion du Groupe de travail sur l'accès humanitaire ce jeudi à Genève, les Nations Unies ont demandé aux membres du Groupe international de soutien à la Syrie d'œuvrer pour une cessation des hostilités. Le Conseiller Spécial du Médiateur de l'ONU pour la Syrie a notamment exhorté les Etats-Unis mais aussi les garants d'Astana à savoir la Russie, l'Iran et la Turquie à donner leur feu vert afin que l'aide soit fournie aux civils des zones assiégées syriennes. Selon Jan Egeland, cette autorisation permettrait d'atteindre plus de 1 million de civils dans les localités les plus difficiles d'accès et les zones assiégées de la Syrie d'ici à mai prochain.

Parmi ces populations urgemment dans le besoin, le Conseiller de Staffan de Mistura s'est préoccupé du sort des civils piégés dans l'Est de la Ghouta près de Damas. Dans cette région, « 400.000 personnes sont en train de souffrir, seules », a-t-il ajouté, déplorant le manque de médicaments et de vivres et les bombardements d'hôpitaux. Lors de cette réunion, a indiqué Jan Egeland, « tout le monde était d'accord, y compris les Russes pour dire que la situation » dans la Ghouta orientale est « désastreuse et qu'un accord spécial est nécessaire ».

Mais tout ce dispositif ne serait possible sans un arrêt des combats. A cet égard, l'ONU a une nouvelle fois plaidé pour un cessez-le-feu de 72 heures dans les régions où la bataille est en train de faire rage.

Par ailleurs, Jan Egeland a également salué le regain d'intérêt, de la part des Etats-Unis, sur la situation syrienne. « Ce que je souhaite, c'est un intérêt renouvelé des États-Unis pour se concentrer sur le carnage en Syrie. Nous avons besoin de nos coprésidents, que sont la Russie et les États-Unis, qui doivent se pencher sur la situation des civils syriens », fait-il remarquer.

Il faut juste rappeler que cette réunion du Groupe de travail humanitaire intervient après l'attaque chimique présumée sur Khan Cheikhoun, ville rebelle de la province d'Idleb (nord-ouest). « Une guerre dans laquelle les enfants meurent asphyxiés par des produits chimiques toxiques est une très très sale guerre », a d'ailleurs dit M. Egeland.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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20/10/2017
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